mardi 25 décembre 2012

Noyeux Joël

Hier c'était Noël. Loris l'Italien, avec son sourire charmeur, nous avait réuni tout un congrès de Japonais, de non-Japonais, de résidents et de non-résidents. On a apporté à manger, à boire, et c'est la meilleure soirée que j'aie passée depuis longtemps. En l'occurrence, quelques photos valent mieux qu'un long discours. Tout de suite les images :


Comme vous l'aurez compris, j'ai fini sans dessus-dessous, à coup de jeux à boire français, de vodka serbe et de cocktails hong-kongais louches (et franchement dégueulasses, s'il faut dire les choses). Mais seulement en fin de soirée. Avant ça, j'ai eu le temps de prendre des photos floues, papoter joyeusement avec la compagnie de la résidence que je ne croise pas beaucoup d'habitude (plus quelques nouveaux bienvenus !), et rencontrer des tas de gens intéressants. Parce que les gens qui voyagent sont souvent curieux, spontanés et entreprenants ; ils ont plein de choses à partager, et surtout n'hésitent pas à le faire ; ils ne sont pas frileux, et s'ouvrent volontiers aux autres. C'est une qualité que j'apprécie énormément, mais que je trouve rarement, et pour cette raison, je les aime beaucoup. Ce genre de soirée donne l'occasion de profiter de cette légèreté d'esprit, dans une ambiance détendue, et ça fait un bien fou.

Non, décidément, c'était inattendu, mais j'ai passé un très bon Noël. En famille... internationale !

jeudi 20 décembre 2012

Les Vétérans Nagao

Ce dernier jeudi de cours de décembre (et donc de l'année), on a accueilli les étudiants de deuxième année qui vont entrer l'année prochaine au séminaire Nagao (長尾ゼミ pour les intimes). Du coup, il y avait une petite réception.

On a commencé par manger, c'était le plus simple à faire. Il y avait des sushi, des fruits (Nena était heureuse), de la friture... bref, tout ce qu'on aime quoi :


Il y avait un seul piège à éviter : les genres de tranches de rosbif cru. Nena et moi, en non-avertis, on s'est jeté sur la viande. ERREUR ! Vous savez pourquoi les Cro-Magnons ils ont inventé le feu ? Parce que cuite, la viande se mâche plutôt pas mal, mais cru, c'est un enfer. Alors voilà, on en a pris une tranche, et on n'a pas recommencé. C'est la sagesse et la retenue, qui viennent avec l'expérience.

O Captain! My Captain!

Ensuite, ils se sont tous présentés un par un, et comme il sont un bon paquet, je n'ai pas retenu un seul nom, évidemment, sauf une danseuse, mais elle était trop mignonne. J'avais déjà envie de retenir son nom avant qu'elle le dise. En j'ai même pas de photo dites...

Ensuite, ça a été notre tour, et je suis malheureusement certain que tout le monde a retenu à la fois mon prénom et mon visage (enfin de toute façon, vous en voyez beaucoup vous des blonds aux yeux bleus tout en noirs à l'université de Meiji ??). Du coup, je vais encore avoir droit à des saluts timides sur le campus, et comme d'habitude, je vais répondre d'un rapide signe de tête du genre "Ah, salut, c'est toi... je m'arrête pas, je suis super pressé". Ça m'évite de devoir rentrer dans le détail, ce qui me trahirait inévitablement.

Bon, et puis pour finir on a fait une photo officielle, avec tous les étudiants en troisième année actuels.



dimanche 16 décembre 2012

Le Repas Tooyama

Ce 16 décembre, j'ai été invité par mes élèves à manger dans un très bon restaurant de Roppongi après notre leçon de français du dimanche après-midi. Les Tooyama, mère et fille, sont mes élèves depuis ma première année au Japon. Elles m'ont été présentées par une de mes professeurs de japonais à Taitô, qui est une amie de la mère. La fille Tomoko a une sœur jumelle qui étudie en Allemagne.

Kyoko - Tomoko Tooyama

On a très bien mangé, et en grandes quantité ; essentiellement des produits de saison. Des légumes crus en sauce en entrée, un nabe avec du shabu-shabu, du riz assaisonné, du crabe impossible à décortiquer, et une crêpe au kakis en dessert.

Dessert
Reliefs

















Pour finir la soirée, on a traîné à Roppongi, que je ne connais pas bien, et on est notamment allé voir les illuminations "de noël". Ca ne rendait rien en photo, alors celle qui suit a été prise ailleurs, mais c'était très beau, très bien mis en scène, avec une bande sonore.


samedi 15 décembre 2012

The Dead Man's Chest


Fifteen men on a dead man's chest
Yo ho ho and a bottle of rum
Drink and the devil had done for the rest
Yo ho ho and a bottle of rum
The mate was fixed by the bosun's pike
The bopsun brained with a marlinspike
And cookey's throat was marked belike
It had been gripped by fingers ten;
And there they lay, all good dead men
Like break o'day in a boozing ken
Yo ho ho and a bottle of rum



Aï-ho, aï-ho !

All that shines is not gold...

mercredi 12 décembre 2012

Les Momiji sont en feuilles

Je n'ai pas réussi à rendre ça très bien, sans compter ces satanés fils électriques qui polluent toutes les vues dans les villes japonaises, mais en vrai, c'est très beau.














Slogan de toilette (© Naheulbeuk)

Tant qu'on est dans la promotion de l'université de Meiji par les arts graphiques et la publicité, voici l'affiche que l'on peut admirer en face du quai de la chûo line à la station Ochanomizu, près du campus de Surugadai :


« To the world » est la traduction littérale de 世界へ. Du coup, lorsque j'ai vu pour la première fois cette petite étiquette sur un mur, je me suis dit : « Tiens, encore de la publicité ! ».



En fait, pour ceux qui ne savent pas lire, 「もう一歩前へ!」 signifie littéralement « Encore un pas en avant ! ». Ça sonne plutôt pas mal pour un slogan, non ? Alors laissez-moi vous le remettre en perspective :





Eh bien oui, c’était même très littéral. Un slogan dynamique et moderne, qui cible directement un publique spécifiquement masculin. Duchamp aurait été emballé.

lundi 10 décembre 2012

Photo Shot

Je n'ai pas eu le temps de vous en parler à l'époque, mais courant novembre, j'ai été sollicité par e-mail pour faire une séance de photos pour la brochure de l'université. Moi vous connaissez mon emploi du temps : ça ne m'arrangeait pas trop, ça tombait sur un moment où j'étais justement libre. Mais je suis aussi bonne poire, et pas de vraie bonne excuse en vue pour se dérober à ce qui me semblait être une clownerie de plus. J'imaginais déjà le genre, photo de groupe des joyeux élèves en échanges pour faire bien sur le papier. En plus, ils prévoyaient une séance d'une heure, ce qui laissait présager beaucoup de courbettes et de perte de temps avec la bande des rigolos.

Dans le tas des conditions, on demande de porter des couleurs vives, parce que la brochure est prévue pour le printemps. Je saute sur l'occasion, et réponds en désespoir de cause que je serais ravis (évidemment !) de donner de mon temps et de ma personne pour la bonne cause, mais que malheureusement, je n'ai que du noir au Japon (ce qui est vrai... pas qu'au Japon, d'ailleurs. Mais je ne veux pas qu'on pense que je suis un triste personnage, alors je ne le dis pas ici). Bref, j'espère qu'on me remerciera, et qu'on se passera de ma présence noirâtre dans la masse haute en couleur de mes nombreux camarades, probablement pleins de bonne volonté, parce que pendant que je cours d'un entraînement à l'autre, moi, je vois mes collocs qui courent d'une soirée à l'autre, et je me dis qu'ils peuvent aussi bien que moi passer une heure à faire les singes devant l'objectif.

Bon, manque de pot, on me dit vingt-quatre heures plus tard que c'est parfait, qu'on compte sur moi, que je suis bien aimable, etc. Échec total. J'en déduis que les réponses doivent être rares et peu enthousiastes, et qu'ils veulent du nombre pour impressionner.

Passent une ou deux semaines bien remplies, et j'oublie vaguement l'affaire. Deux jours avant le grand évènement, on me rappelle bien, toujours par mail, qu'il faut que je sois à telle heure à tel endroit, avec des vêtements colorés légers (fin novembre à Tôkyô, la bonne blague !). Je réponds présent (à reculons), et re-baratine un avertissement sur ma couleur préférée. Pas de souci, on m'aime bien quand même.

Le lendemain, de mauvaise grâce, entre quelques exercices et un petit déjeuner hâtif, je m'habille un peu comme il faut, malgré tout (pas passer pour un péquenot), noir sur noir sur noir. Mais chemise et veste. Simple, efficace. Avant de partir, je me rappelle, et je passe trois secondes devant la glace de la salle de bain, un pied déjà à moitié dehors, histoire d'essayer de faire en sorte que mes cheveux n'aient pas l'air d'être passés à côté d'un réacteur de 747 au décollage. Et puis je vais en cours, merde quoi.

13 heures, je sors de cours, en me répétant : "N'oublie pas, t'aurais l'air con". Riez, mais avec tout ce que je fais, j'oublie toujours beaucoup de choses, aussi bien dans le train ou sur mon bureau que dans mon emploi du temps. A plus forte raison si ça ne rentrait pas dans la routine établie, et que ça ne m'enchantait pas plus que ça. En langage psychologique, ça s'appelle un acte manqué. Finalement, c'est très littéral.
Donc, je me pointe au lieu de rendez-vous. Pas un chat, à part deux personnes du staff Meiji, qui m'accueillent chaleureusement. Je me dis : "Ah les vaches, pas un clampin foutu de prendre cinq minutes pour la photo des gaijin de meiji." Depuis le matin, j'ai demandé à deux ou trois personnes si elles venaient. On m'a presque toujours dit non, et si j'enquête sur le pourquoi du comment, on me répond généralement "Ben... j'ai jamais reçu ce mail moi". Même pas foutus de checker une boîte aux lettres.

Vous vous dites quand même : ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Oui, mais je suis un peu lent. Alors quand on m'accueille par mes noms et prénoms, en pointant le tout sur une liste bien concise, je m'étonne un peu qu'on sache qui je suis aussi facilement (je ne sais pas combien il y a de gaijin à meiji, mais je ne suis pas spécialement connu, hein), mais ça ne fait toujours pas vraiment "tilt". Se pointent deux consœurs francophones (Marseille, Montréal). Il faut croire qu'on a la cote. Pour le coup, c'était le fruit du hasard, mais ça a facilité la communication. Je savais qu'elles venaient depuis le matin, mais je ne savais pas qu'on n'étaient que tous les trois. C'est quand même fou cet effectif réduit.

Et bien pour vous donner le mot de la fin, ça n'est que dans le train en rentrant avec Oda (elle s'appelle comme ça), après avoir passé une heure à essayer d'avoir l'air de discuter naturellement avec mes camarades devant des Nikon,  des Nippons, des Flashs et du soleil plein dans les yeux, que j'ai finalement réalisé qu'on avait été sélectionné. Parce que soudainement, j'ai compris pourquoi mes deux partenaires étaient si enthousiastes, elles : elles voulaient poser, et cette sélection était une opportunité pour elles, sans compter l'assurance que donne le fait d'avoir été choisi. Et moi, gros niais, j'étais vaguement agacé de devoir faire partie des trois égéries chargées d'incarner l'ouverture internationale de l'université... ce qui devait paraître un peu étrange (voire prétentieux) au yeux de nos deux modèles en herbe.

Oui, bon, ben j'avais pas compris, quoi.

Du coup, ayant pris finalement conscience de mon irrésistible attrait physique, je pense que je vais bientôt quitter l'université pour me lancer dans une flamboyante carrière de modèle masculin au Japon, avec la fortune, les filles, la célébrité, et tout ça. Il paraît qu'ils cherchent beaucoup de blonds aux yeux bleus ici (c'est rare, on vous a dit ?). Et puis depuis que j'ai coupé mes cheveux et pris dix kilos, on a cessé de me comparer à Legolas (comprenez cette nouille d'Orlando Bloom) pour passer à James Bond (comprenez ce BG de Daniel Craigh), ce qui est une petite promotion, vous en conviendrez. Bon, il faut aussi savoir que pour un Chinois du Japon, je suis un blond pâle aux yeux bleu comme un autre : "N'oubliez pas que pour eux, nous nous ressemblons tous" (OSS 117, Rio ne répond plus).

A partir de là, j'ai eu récemment une idée de casting formidable pour tourner prochainement une très grosse production lyonnaise, avec dans les rôles principaux :

Louise JUGNON

Damien CHAUMAY

















Jean-François RAUCH
Bérengère CAGNON






























Ça va faire un carton, c'est sûr !

samedi 1 décembre 2012

長尾ゼミ (Séminaire Nagao)


Au Japon, on a le respect du professeur...


Mais on aime bien se marrer quand même.

KO !

Satomi-sempai


Le T-Shirt édition limitée