mardi 25 décembre 2012

Noyeux Joël

Hier c'était Noël. Loris l'Italien, avec son sourire charmeur, nous avait réuni tout un congrès de Japonais, de non-Japonais, de résidents et de non-résidents. On a apporté à manger, à boire, et c'est la meilleure soirée que j'aie passée depuis longtemps. En l'occurrence, quelques photos valent mieux qu'un long discours. Tout de suite les images :


Comme vous l'aurez compris, j'ai fini sans dessus-dessous, à coup de jeux à boire français, de vodka serbe et de cocktails hong-kongais louches (et franchement dégueulasses, s'il faut dire les choses). Mais seulement en fin de soirée. Avant ça, j'ai eu le temps de prendre des photos floues, papoter joyeusement avec la compagnie de la résidence que je ne croise pas beaucoup d'habitude (plus quelques nouveaux bienvenus !), et rencontrer des tas de gens intéressants. Parce que les gens qui voyagent sont souvent curieux, spontanés et entreprenants ; ils ont plein de choses à partager, et surtout n'hésitent pas à le faire ; ils ne sont pas frileux, et s'ouvrent volontiers aux autres. C'est une qualité que j'apprécie énormément, mais que je trouve rarement, et pour cette raison, je les aime beaucoup. Ce genre de soirée donne l'occasion de profiter de cette légèreté d'esprit, dans une ambiance détendue, et ça fait un bien fou.

Non, décidément, c'était inattendu, mais j'ai passé un très bon Noël. En famille... internationale !

jeudi 20 décembre 2012

Les Vétérans Nagao

Ce dernier jeudi de cours de décembre (et donc de l'année), on a accueilli les étudiants de deuxième année qui vont entrer l'année prochaine au séminaire Nagao (長尾ゼミ pour les intimes). Du coup, il y avait une petite réception.

On a commencé par manger, c'était le plus simple à faire. Il y avait des sushi, des fruits (Nena était heureuse), de la friture... bref, tout ce qu'on aime quoi :


Il y avait un seul piège à éviter : les genres de tranches de rosbif cru. Nena et moi, en non-avertis, on s'est jeté sur la viande. ERREUR ! Vous savez pourquoi les Cro-Magnons ils ont inventé le feu ? Parce que cuite, la viande se mâche plutôt pas mal, mais cru, c'est un enfer. Alors voilà, on en a pris une tranche, et on n'a pas recommencé. C'est la sagesse et la retenue, qui viennent avec l'expérience.

O Captain! My Captain!

Ensuite, ils se sont tous présentés un par un, et comme il sont un bon paquet, je n'ai pas retenu un seul nom, évidemment, sauf une danseuse, mais elle était trop mignonne. J'avais déjà envie de retenir son nom avant qu'elle le dise. En j'ai même pas de photo dites...

Ensuite, ça a été notre tour, et je suis malheureusement certain que tout le monde a retenu à la fois mon prénom et mon visage (enfin de toute façon, vous en voyez beaucoup vous des blonds aux yeux bleus tout en noirs à l'université de Meiji ??). Du coup, je vais encore avoir droit à des saluts timides sur le campus, et comme d'habitude, je vais répondre d'un rapide signe de tête du genre "Ah, salut, c'est toi... je m'arrête pas, je suis super pressé". Ça m'évite de devoir rentrer dans le détail, ce qui me trahirait inévitablement.

Bon, et puis pour finir on a fait une photo officielle, avec tous les étudiants en troisième année actuels.



dimanche 16 décembre 2012

Le Repas Tooyama

Ce 16 décembre, j'ai été invité par mes élèves à manger dans un très bon restaurant de Roppongi après notre leçon de français du dimanche après-midi. Les Tooyama, mère et fille, sont mes élèves depuis ma première année au Japon. Elles m'ont été présentées par une de mes professeurs de japonais à Taitô, qui est une amie de la mère. La fille Tomoko a une sœur jumelle qui étudie en Allemagne.

Kyoko - Tomoko Tooyama

On a très bien mangé, et en grandes quantité ; essentiellement des produits de saison. Des légumes crus en sauce en entrée, un nabe avec du shabu-shabu, du riz assaisonné, du crabe impossible à décortiquer, et une crêpe au kakis en dessert.

Dessert
Reliefs

















Pour finir la soirée, on a traîné à Roppongi, que je ne connais pas bien, et on est notamment allé voir les illuminations "de noël". Ca ne rendait rien en photo, alors celle qui suit a été prise ailleurs, mais c'était très beau, très bien mis en scène, avec une bande sonore.


samedi 15 décembre 2012

The Dead Man's Chest


Fifteen men on a dead man's chest
Yo ho ho and a bottle of rum
Drink and the devil had done for the rest
Yo ho ho and a bottle of rum
The mate was fixed by the bosun's pike
The bopsun brained with a marlinspike
And cookey's throat was marked belike
It had been gripped by fingers ten;
And there they lay, all good dead men
Like break o'day in a boozing ken
Yo ho ho and a bottle of rum



Aï-ho, aï-ho !

All that shines is not gold...

mercredi 12 décembre 2012

Les Momiji sont en feuilles

Je n'ai pas réussi à rendre ça très bien, sans compter ces satanés fils électriques qui polluent toutes les vues dans les villes japonaises, mais en vrai, c'est très beau.














Slogan de toilette (© Naheulbeuk)

Tant qu'on est dans la promotion de l'université de Meiji par les arts graphiques et la publicité, voici l'affiche que l'on peut admirer en face du quai de la chûo line à la station Ochanomizu, près du campus de Surugadai :


« To the world » est la traduction littérale de 世界へ. Du coup, lorsque j'ai vu pour la première fois cette petite étiquette sur un mur, je me suis dit : « Tiens, encore de la publicité ! ».



En fait, pour ceux qui ne savent pas lire, 「もう一歩前へ!」 signifie littéralement « Encore un pas en avant ! ». Ça sonne plutôt pas mal pour un slogan, non ? Alors laissez-moi vous le remettre en perspective :





Eh bien oui, c’était même très littéral. Un slogan dynamique et moderne, qui cible directement un publique spécifiquement masculin. Duchamp aurait été emballé.

lundi 10 décembre 2012

Photo Shot

Je n'ai pas eu le temps de vous en parler à l'époque, mais courant novembre, j'ai été sollicité par e-mail pour faire une séance de photos pour la brochure de l'université. Moi vous connaissez mon emploi du temps : ça ne m'arrangeait pas trop, ça tombait sur un moment où j'étais justement libre. Mais je suis aussi bonne poire, et pas de vraie bonne excuse en vue pour se dérober à ce qui me semblait être une clownerie de plus. J'imaginais déjà le genre, photo de groupe des joyeux élèves en échanges pour faire bien sur le papier. En plus, ils prévoyaient une séance d'une heure, ce qui laissait présager beaucoup de courbettes et de perte de temps avec la bande des rigolos.

Dans le tas des conditions, on demande de porter des couleurs vives, parce que la brochure est prévue pour le printemps. Je saute sur l'occasion, et réponds en désespoir de cause que je serais ravis (évidemment !) de donner de mon temps et de ma personne pour la bonne cause, mais que malheureusement, je n'ai que du noir au Japon (ce qui est vrai... pas qu'au Japon, d'ailleurs. Mais je ne veux pas qu'on pense que je suis un triste personnage, alors je ne le dis pas ici). Bref, j'espère qu'on me remerciera, et qu'on se passera de ma présence noirâtre dans la masse haute en couleur de mes nombreux camarades, probablement pleins de bonne volonté, parce que pendant que je cours d'un entraînement à l'autre, moi, je vois mes collocs qui courent d'une soirée à l'autre, et je me dis qu'ils peuvent aussi bien que moi passer une heure à faire les singes devant l'objectif.

Bon, manque de pot, on me dit vingt-quatre heures plus tard que c'est parfait, qu'on compte sur moi, que je suis bien aimable, etc. Échec total. J'en déduis que les réponses doivent être rares et peu enthousiastes, et qu'ils veulent du nombre pour impressionner.

Passent une ou deux semaines bien remplies, et j'oublie vaguement l'affaire. Deux jours avant le grand évènement, on me rappelle bien, toujours par mail, qu'il faut que je sois à telle heure à tel endroit, avec des vêtements colorés légers (fin novembre à Tôkyô, la bonne blague !). Je réponds présent (à reculons), et re-baratine un avertissement sur ma couleur préférée. Pas de souci, on m'aime bien quand même.

Le lendemain, de mauvaise grâce, entre quelques exercices et un petit déjeuner hâtif, je m'habille un peu comme il faut, malgré tout (pas passer pour un péquenot), noir sur noir sur noir. Mais chemise et veste. Simple, efficace. Avant de partir, je me rappelle, et je passe trois secondes devant la glace de la salle de bain, un pied déjà à moitié dehors, histoire d'essayer de faire en sorte que mes cheveux n'aient pas l'air d'être passés à côté d'un réacteur de 747 au décollage. Et puis je vais en cours, merde quoi.

13 heures, je sors de cours, en me répétant : "N'oublie pas, t'aurais l'air con". Riez, mais avec tout ce que je fais, j'oublie toujours beaucoup de choses, aussi bien dans le train ou sur mon bureau que dans mon emploi du temps. A plus forte raison si ça ne rentrait pas dans la routine établie, et que ça ne m'enchantait pas plus que ça. En langage psychologique, ça s'appelle un acte manqué. Finalement, c'est très littéral.
Donc, je me pointe au lieu de rendez-vous. Pas un chat, à part deux personnes du staff Meiji, qui m'accueillent chaleureusement. Je me dis : "Ah les vaches, pas un clampin foutu de prendre cinq minutes pour la photo des gaijin de meiji." Depuis le matin, j'ai demandé à deux ou trois personnes si elles venaient. On m'a presque toujours dit non, et si j'enquête sur le pourquoi du comment, on me répond généralement "Ben... j'ai jamais reçu ce mail moi". Même pas foutus de checker une boîte aux lettres.

Vous vous dites quand même : ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Oui, mais je suis un peu lent. Alors quand on m'accueille par mes noms et prénoms, en pointant le tout sur une liste bien concise, je m'étonne un peu qu'on sache qui je suis aussi facilement (je ne sais pas combien il y a de gaijin à meiji, mais je ne suis pas spécialement connu, hein), mais ça ne fait toujours pas vraiment "tilt". Se pointent deux consœurs francophones (Marseille, Montréal). Il faut croire qu'on a la cote. Pour le coup, c'était le fruit du hasard, mais ça a facilité la communication. Je savais qu'elles venaient depuis le matin, mais je ne savais pas qu'on n'étaient que tous les trois. C'est quand même fou cet effectif réduit.

Et bien pour vous donner le mot de la fin, ça n'est que dans le train en rentrant avec Oda (elle s'appelle comme ça), après avoir passé une heure à essayer d'avoir l'air de discuter naturellement avec mes camarades devant des Nikon,  des Nippons, des Flashs et du soleil plein dans les yeux, que j'ai finalement réalisé qu'on avait été sélectionné. Parce que soudainement, j'ai compris pourquoi mes deux partenaires étaient si enthousiastes, elles : elles voulaient poser, et cette sélection était une opportunité pour elles, sans compter l'assurance que donne le fait d'avoir été choisi. Et moi, gros niais, j'étais vaguement agacé de devoir faire partie des trois égéries chargées d'incarner l'ouverture internationale de l'université... ce qui devait paraître un peu étrange (voire prétentieux) au yeux de nos deux modèles en herbe.

Oui, bon, ben j'avais pas compris, quoi.

Du coup, ayant pris finalement conscience de mon irrésistible attrait physique, je pense que je vais bientôt quitter l'université pour me lancer dans une flamboyante carrière de modèle masculin au Japon, avec la fortune, les filles, la célébrité, et tout ça. Il paraît qu'ils cherchent beaucoup de blonds aux yeux bleus ici (c'est rare, on vous a dit ?). Et puis depuis que j'ai coupé mes cheveux et pris dix kilos, on a cessé de me comparer à Legolas (comprenez cette nouille d'Orlando Bloom) pour passer à James Bond (comprenez ce BG de Daniel Craigh), ce qui est une petite promotion, vous en conviendrez. Bon, il faut aussi savoir que pour un Chinois du Japon, je suis un blond pâle aux yeux bleu comme un autre : "N'oubliez pas que pour eux, nous nous ressemblons tous" (OSS 117, Rio ne répond plus).

A partir de là, j'ai eu récemment une idée de casting formidable pour tourner prochainement une très grosse production lyonnaise, avec dans les rôles principaux :

Louise JUGNON

Damien CHAUMAY

















Jean-François RAUCH
Bérengère CAGNON






























Ça va faire un carton, c'est sûr !

samedi 1 décembre 2012

長尾ゼミ (Séminaire Nagao)


Au Japon, on a le respect du professeur...


Mais on aime bien se marrer quand même.

KO !

Satomi-sempai


Le T-Shirt édition limitée






mardi 27 novembre 2012

On ne veut pas d'Histoires

Aujourd'hui, nous avions à préparer des exposés d'histoire courts sur des personnages ou des évènements de nos pays respectifs, pour le cours de Japonais. Ce fut une telle réussite de déballage épique et glorifiant que dans ma rage (je suis un peu tendu en ce moment), je me suis dit que j'allais vous donner des échantillons du résultat de cette idée magnifique :

Comme on pouvait s'y attendre, chacun y est allé de son petit couplet sur LE grand personnage de SON pays, ou L'EVENEMENT marquant de l'histoire de SA belle nation.
Scott a commencé soft, avec un coureur unijambiste de sa patrie, le Canada.
Nevenka a pris la suite en nous faisant l'apologie du prince serbe Lazar Hrebeljanovic (allez-y, prononcez-le, pour rire), qui a arrêté les Turcs à la bataille du Kosovo en 1389. Un grand homme, on peut encore visiter sa tombe.
Bien sûr, la germaine Lisa nous a fait son couplet sur le grand Bismark et son oeuvre unificatrice. J'avais envie de hurler très fort : "Rendez-nous l'Alsace-Loraine !", mais je me suis abstenu, ça aurait fait mauvais genre. On était quand même deux Français dans la salle. Fallait-il y voir un message ?
En réponse, mon camarade Yoan aurait pu choisir Napoléon (le grand, évidemment, pas le petit du coup), mais il a préféré la modération, en se rabattant sur la Révolution française. On s'en est tenu aux généralités bon enfant habituelles, avec quelques approximations, sans s'embêter de tout le fatras des précautions historiographiques et de la modération sur les épisodes de ce moment glorieux de notre histoire, où la moitié de l'Europe s'est pris une fessée par des armées de paysans, à force de vouloir venir sauver notre traître de roi Louis XVI, ce gros méchant qui affamait le peuple (on a un peu oublié la période de monarchie constitutionnelle, pour sauter directement de la Bastille à l’exécution, c'était plus simple). Oui, vous voyez, le problème, c'est que ça fait évidemment partie du programme de khâgne, ce genre de broutilles. Alors du coup, on a les oreilles qui bourdonnent facilement, quand ça s'embrouille dans les dates sans trop s'en rendre compte.

Mais le pompon est venu en clôture de scéance, pour poser la cerise sur le gâteau : notre Taïwanaise Ayano nous a fait un brillant exposé sur un grand chef de la résistance taïwanaise... à l'invasion japonaise de 1895. Très habile. Elle nous a même réchauffé le coeur avec un document hautement historique : la bande-annonce d'une grosse production taïwanaise, bientôt sur vos écrans (oui, vous aussi ça vous fait rire "grosse production taïwanaise" ? Et bien vous ne devriez pas, c'est très condescendant), qui met en scène cette brillante résistance, avec force méchants officiers japonais qui font piller des villages de gentils taïwanais, et de bons sauvages taïwanais qui taillent en pièce de méchants soldats japonais dans la jungle, un peu façon Avatar, les queues de lion en moins. Jugez par vous-même :


Le bouquet final, c'est quand notre professeur a demandé à Ayano, pour lui faire la conversation, pourquoi elle avait choisi ce personnage en particulier. La gentille demoiselle a répondu innocemment : "ben, je voulais un personnage qui ait un rapport avec les relations entre Taïwan et le Japon...".
Dans le mille Emile.

Ce n'est qu'après être rentré chez moi que j'ai fait quelques recherches, pour découvrir qu'en réalité, le film traite effectivement plutôt de l'amitié ou de la réconciliation taïwano-japonaise au delà de la guerre. Avouez qu'en voyant la bande-annonce, comme ça, à sec, on a du mal à se faire une idée...

Moralité : quand on ne sait pas comment ça marche, on ne se mêle pas de faire de l'histoire. Ça évitera les âneries d'une part (ça ne fait jamais de mal), et surtout les débordements nationalisants d'autre part. Bref, la bêtise quoi.

Na.

Et puis alors, vous vous demandez forcément depuis le début : moi, le grand moralisateur qui allume à tout va, qu'est-ce que j'ai bien pu faire, puisque je suis si brillant et si malin ?
Il n'y avait pas de vraie bonne solution, mais j'avais trouvé une sorte de parade. Comme j'avais aussi étudié ça en hypokhâgne, j'avais suffisamment de restes pour faire en confiance une petite présentations des guerres médiques (les mal-nommées), les révoltes ioniennes, Marathon, les Thermopyles, Salamine... Avec quelques explications stratégiques, des dates, une petite frise, deux-trois noms, un dessin de trière, des chiffres armés de prudence, en précisant qu'avec le temps, on ne savait pas vraiment trop, mais qu'on en était là dans les estimations, tout ça, en précisant que pour l'empire Perse, ce géant de l'époque, ces défaites relatives n'étaient pas grand chose, mais que pour les cités grecques, c'était la naissance de l'âge classique, et donc les racines de la culture "européenne". Bref, j'ai essayé de donner une vraie leçon d'histoire quoi, comme on m'a jadis appris à faire.

Vous trouvez ça prétentieux ? Et bien peut-être, mais ça n'étais pas du luxe, puisqu'on m'a quand même demandé (c'était pas un asiatique, non non, c'était un Français, oui oui) : "Mais au fait, les grecs, c'était pas après les Romains ? Je me souviens plus". Et puis il a fallut que je défende becs et ongles que non, l'antiquité, ça ne s'arrêtait pas à Jésus Christ, mais que ça allait bien au moins jusqu'au troisième siècle après. Si, si, c'est pas Jésus qui a mangé l'empire Romain (c'est plutôt l'inverse a priori), ce sont les barbares, longtemps après.

Et on voulait rendre l'histoire optionnelle en terminale scientifique en France ? Je comprends pourquoi : c'est trop désespérant.

Le Moyen-Âge, vous savez, cette looooongue période d'obscurantisme affreux, qui va de Jésus Christ à Louis XIV... on pourrait peut-être l'étendre jusqu'à nos jours finalement. Pour simplifier.

jeudi 22 novembre 2012

Sniper

Parfois, mes amis du taidôren m'appellent "sunaipaー" (sniper).

' vois pas pourquoi, moi...


On My Way to Training


L'AUTRE Gaijin Tonic

J'ai récemment fait le tour des copieurs qui ont aussi nommé leur site Gaijin Tonic, par curiosité (et puis aussi parce que je ne sais pas quoi faire de mon temps, chacun sait). Je voulais me tenir au jus de la concurrence, et horreur ! J'en ai finalement trouvé un qui a une vraie qualité : il sait dessiner !
Et quand j'ai vu ça, j'ai trouvé ça tellement vrai, tellement simple et pourtant tellement juste, que je n'ai pas résisté à l'envie de vous le faire partager. Vous le retrouverez facilement sur l'Autre Gaijin Tonic :


Un jour, j'essaierai peut-être de faire un petit article sur ce sentiment étrange, partagé unilatéralement par tous les blanc-becs au Japon, et qui consiste à être banalement terrorisé à l'idée d'être vu en public à proximité d'un autre occidental, lorsqu'on est entouré par des Japonais. C'est viscéral, et c'est archi-authentique. 

La vérité, c'est qu'on a déployé tellement d'efforts surhumains pour travailler notre assimilation, pour exhiber notre japonisation sous tous ses aspects, pour avoir l'air de bien vivre ici, et surtout pour le montrer par tous les moyens possibles : le geste naturel qui fait glisser l'abonnement de train sur la borne d'entrée, l'observation scrupuleuse des implicites règles de circulation piétonne, le placement dans le train, le téléphone portable softbank, sur lequel on s'efforce d'envoyer plein de messages avec des tas de caractères japonais compliqués à des amis aux noms bien "terroir", et parfois même, un livre avec une couverture en japonais, lu bien en évidence. On ne veut surtout pas qu'un "touriste" potentiel vienne nous apostropher chaleureusement et engage amicalement la conversation en anglais (Pouah ! Beurk !) et ruine d'un coup toute notre belle couverture avec sa naturelle sympathie à l'américaine. C'est déjà assez dur comme ça à vivre au quotidien, d'être un grand Japonais blond aux yeux bleus qui parle mal sa langue ; alors pas la peine d'en rajouter !

C'est qu'on s'est tellement décarcassé pour arriver à être constamment aussi froidement poli que le Tokyoïte moyen ! Ça serait trop bête de perdre tout ça à cause d'un discret regard de compassion...

dimanche 18 novembre 2012

Panem et caseos


Mon Sauveur perso est apparu au Japon cette semaine, venu non pas de Nazareth, comme l’autre grand zigue, mais tout droit d’Egypte, en fendant la mer, comme le barbu Moïse.
Et oui, car vous ne le savez pas, mais la sœur de Yukiko, qui est hôtesse de l’air pour Ana sur un vol régulier Tôkyô-Le Caire, est mariée à un Egyptien. Je l’avais déjà rencontré il y a deux an, alors qu’il rendait visite à sa belle famille à Tôkyô, à peu près à la même époque. Et il parle bien le français. Alors je l’avais complimenté sur le sujet. Sur quoi il m’avait répondu un peu abruptement : « Et bien oui, pourquoi pas ? L’Egypte est un pays francophone, non ? ».
Et là vous vous sentez con, parce que vous vous dites : des décennies d’occupation, de colonisation et de protectorats au Moyen-Orient, et tout ce que la France a retenu, tout ce qu’elle vous a mis dans le crâne depuis vos premières leçons d’histoire-géographie jusqu’à vos premiers propos de comptoir, c’est que l’Egypte est un pays Arabe. Pas francophone. Arabe.

L’Egypte est donc culturellement francophone, c’est à ne plus oublier ; mais ce que je n’oublierai pas non plus désormais, c’est surtout qu’outre la langue, l’Egypte partage aussi avec la France le goût pour le fromage, cette denrée rare et précieuse qui ne pousse pas en Extrême-Orient, où la seule fermentation qu’on connait, c’est celle de ces horribles pousses de soja qu’on met dans son bol de riz au petit déjeuner, pour se garantir une mauvaise haleine carabinée. Vous me direz, chacun est libre de choisir sa technique pour sauvegarder son espace vital dans le rush de huit heures du matin.

En tout cas, depuis une semaine, les relations fromagères franco-égyptiennes au Japon sont au beau fixe, car entre jaffeurs de lait fermenté, on se comprend, et le beau-frère de Yukiko, plein de sympathie culturelle et de compassion pour ma misère, a eu la délicatesse de se souvenir de moi et de faire un geste pour tempérer ma détresse culinaire : il m’a apporté, à l’occasion de sa visite à Tôkyô, tout un tas de tranches de fromage égyptien, du vrai, avec des trous et du poivre noir dedans. Plutôt fort, mais juste comme il faut, pâte ferme, plutôt sec, en tranches assez fines. Assez proche du parmesan, à réflexion. Deux jours plus tard, je me précipitais dans une boulangerie française à Higashi-Nakano, et ramenais triomphalement une baguette grosse comme mon bras, payée royalement ¥250 (2,5€). « Non, pas de sac de conservation, merci, je vais le manger ce soir madame ». Yeux ronds. Et puis une baquette, ça s’enroule pas dans quinze couches de plastique, ça se porte sous le bras. Na.
C’était pas la meilleure que j’aie mangée, mais ça faisait l’affaire. Et voilà le résultat :



Oui, le nom de la boulangerie m'a fait marrer aussi. Y'a un Français derrière tout ça, c'est sûr.


Et vous savez la meilleure ? Ce matin, j’ai été tiré de mon oisiveté dominicale par le facteur, qui m’apportait un colis signé Janin. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un fromager plein de talent d’une petite ville du Jura, où ma généreuse grand-mère a ses habitudes depuis plusieurs décennies*.
Heureusement que je passe à Higashi-Nakano tous les lundi soir !




* Mon paternel m'enjoint d'observer un certain respect en précisant (je cite) : "Comté 48 mois (4 ans d'affinage), béotien, analphabète, mécréant !"


* * * * *



A Higashi-Nakano, on ne trouve pas seulement du フランス風パン (pain pseudo-français), on trouve aussi de la フランス風文法 (grammaire pseudo-française). J'ai pas pu m'empêcher d'immortaliser ça :



Une sorte de salon de coiffure, apparemment...

jeudi 15 novembre 2012

Des Nouvelles du front (l'autre)

Mon scalp a pris quelques degré, conjointement à la baisse de température qui nous a saisis dans la semaine. Je vais bientôt pouvoir donner de ma personne pour contribuer à chauffer l'appartement avec mon crâne.

Papy Rauch, son bol de Noodle Cup, sa mine sereine.

Je vais bientôt aller acheter des pantoufles, pour aller avec ma petite panoplie.

Sudations ? Purge ? Saignées ? Décoction au souffre ? Ventouses ? Qu'en pensent les médecins de l'assemblée ? Pour ma part, j'hésite encore...

"Fervex, Fervex, my kingdom for Fervex !"
(Richard III, Shakespeare, contemporary stage adaptation)

mardi 13 novembre 2012

Des Nouvelles du front

En avant la bleusaille !


Le petit gars en treillis avec un béret et des rangers, là sur la photo, c'est mon Frelu. Bon, vous me direz, ça en fait un paquet. Oui, mais j'ai mis un cercle rouge, pour vous aider...

Et qui c'est qui va ramper dans la boue tout l'hiver ? C'est pas moi !

lundi 12 novembre 2012

明大祭 (Meidai-sai)

C'était début novembre, donc au train où vont les choses, c'est déjà loin derrière moi maintenant, mais je n'ai presque pas parlé du festival de l'université. De totue façon, je n'ai pas le temps d'en parler, et honnêtement, il n'y a pas grand chose à en dire, sinon que toutes les associations vendent de la nourriture  "maison" très chère dans des cahutes tout le tour du campus, et tiennent dans les bâtiments des tas de stands sur les choses ou les études qu'ils font, toujours sous forme très ludique et très politiquement correcte. Du coup, je préfère me servir du prétexte pour mettre trois photos amusantes, car il semblerait que la chouette ne soit pas le privilège de la khâgne, et ait décidé de me poursuivre jusqu'à l'autre bout du monde (Claire, si tu m'entends...) : en effet, c'est aussi le symbole de l'université de Meiji ! Plus exactement, je crois que c'est un hibou. Mais je n'en suis plus à deux bouts d'oreille près. Et ce qui m'intéresse ici, c'est qu'au Japon les mascottes d'université sont comme celles de football américain : elles sont présentent sur le terrain, en chair et en os, dans des poses typiques. On peut même se faire prendre en photo avec !

Nous avons une fois de plus la preuve que les Japonais, amoureux de photo, ne savent pas cadrer :
On leur confie une photo, et c'est la seule où les têtes sont
au milieu du cadre. Grrrr.

Spéciale dédicace à Andréa !

mercredi 7 novembre 2012

So long, Captain America

R.I.P.

Sans regrets...

lundi 5 novembre 2012

BG

Ici, on est au Japon, ça ne lit pas le français. Alors je peux me permettre de porter des trucs que je ne peux pas porter en France :

Check It Out

C'est un cadeau, hein, c'est pas moi qui l'ai acheté...
Je me suis entraîné pour le sourire Clint Eastwood. C'est pas si facile !

dimanche 4 novembre 2012

Yasukuni-jinja & fioritures

Zero-sen

Hier, je suis allé voir les championnats de kendô du Japon avec Yukiko, mais comme on ne comptait pas tout voir, on a surtout profité de la journée en commençant pas aller faire un tour au Yasukuni-jinja. Vous savez, c’est ce sanctuaire shintô qui fait polémique à peu près tous les ans, chaque fois qu’un politicien Japonais facétieux, plein d’humour et de provocation gratuite, décide d’aller y rendre cérémonieusement hommage aux « héros de guerres » morts pour la patrie durant la seconde guerre mondiale. Ces braves héros de guerre que la plupart des pays voisins (Chine, Corée,…) ont encore le mauvais goût rabat-joie d’appeler des « criminels » de guerre (on ne se souvient plus pourquoi, ça n’est pas mentionné dans les manuels d’histoire).

Nous avons donc payé une petite visite au musée nationaliste qui jouxte le sanctuaire, et qui reste tout à fait dans le ton. Yukiko m’a dit « les Chinois et les Coréens ne viennent pas visiter ce musée », et j’ai rapidement compris pourquoi.
On a pu y voir de beaux courts métrages pleins d’images d’archive glorieuses sur fond de belles musiques ronflantes, ainsi que des interviews enthousiastes d’anciens pilotes de zero-sen de la marine impériale japonaise.  Je me permets de supposer qu’il s’agissait de morceaux choisis.
L’invasion de la Chine en 1938 est longuement décrite sur des panneaux pleins de cartes et de mouvements de troupes en rouge et bleu, réunis sous le titre d’ « incident chinois » (支那事変), anticipé par « l’incident de Manchourie » (満州事変). Bien sûr, la prise de Nankin s’appelle la « campagne de Nankin ». Avec beaucoup de détails stratégiques.

Cela dit, quand chez nous d’anciens ministres de la défense se permettent des bras d’honneur à l’Algérie sur les plateaux de télévisions, je crois qu’on peut faire un peu d’ironie au sujet des autres, mais difficilement donner des leçons de bonnes manières…

Pour le reste, on a aussi eu le détail de la première guerre sino-japonaise en 1894-95, la raclée infligée aux Russes en 1905, l’échec lamentable de l’invasion mongole de 1281, et les combats épiques de la marine impériale de 1941 à 1945. J’ai même vu un grand étendard japonais « with authentic battle damage » ! Toute une salle consacrée à la famille impériale japonaise, et une série de salles, moins fun, avec d’innombrables photos d’identités en noir et blanc de tous les jeunes marins et pilotes disparus pendant la guerre du pacifique. Yukiko m’a dit : « Quand ils sont morts, ils devaient certainement dire Maman ! plutôt que Tennô heika banzai ! ».

On est passé par des galeries de personnages célèbres de l’ère Meiji et de proches de la famille impériale, et Yukiko connaissait tous leurs noms, car elle dit qu’un bon nombre d’entre eux ont des descendants qui sont membres du club de gentlemen pour lequel elle travaille à Roppongi. La classe, hein ?

Bon, il y avait aussi son lot d’épées, de sabres, d’arcs, de lances, de naginata, d’armures, d’avions, de maquettes de bateaux de toutes les tailles et de toutes les couleurs, et un vestige de « bombe humaine » planante, blanche avec une jolie fleur de cerisier rose pâle peinte sur le fuselage. La beauté fugitive de la guerre…


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Le soir, après les combats de finale, on est allé profiter du week-end dans un restaurant de fruits de mer que Yukiko avait réservé à Tôkyô. Oui, Tôkyô est aussi un quartier de Tôkyô. Belle mise en abîme, n’est-ce pas ? Il faut également savoir que c’est un quartier chic, juste à côté du Palais Impérial (au sud). Ce qui peut vous laisser deviner le niveau des restaurants.
On s’est donc vraiment fait plaisir. Vin blanc pétillant en apéritif, salade, grosses crevettes et beignets de crevettes avec de super sauces en entrée ; huîtres « à la bourguignonne » pour Yukiko (préparation au beurre persillé, comme les escargots de chez nous) et gambas grillées à l’ail pour moi, avec du concombre sauce vinaigre/sucre/oignon/aneth en accompagnement. Un régal. En dessert, tarte tatin (cannelle !) avec une boule vanille maison. C’était vraiment de la bonne cuisine, et j’ai la chance de ne pas pouvoir vous dire le montant de la note.
On a fini la soirée dans un pub du marunouchi building, Baileys et cocktail. Du temps bien employé.

Oui, je ne fais pas que travailler non plus.

Pi-di-bi-bip

Any Which Way - Scissor Sisters
Aujourd'hui est un jour exceptionnel. Vous savez pourquoi ? Pour la première fois depuis la rentrée des classes (20 septembre, et peut-être même avant), je n'ai pas mis de réveil ce matin ! Et je n'ai rien de prévu de la journée. Glande totale. Oisiveté bouquin bouffe dodo.

C'EST PAS TROP LA FÊTE ÇA ?

Bon, il est bientôt midi, je vais aller me faire un petit-dèj...

Rule #32 : Enjoy the little things.

jeudi 1 novembre 2012

Sarah tisse large

Juste une dernière pour la route,
parce que ça serait dommage de la garder pour moi tout seul...

Ces Américaines, qu'est-ce que ça consomme !

Anniversaire de Kô


Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de Kô. On savait, parce que son amie Taïwanaise Chen, qui est dans mon cours de japonais, est venu me voir il y a deux jours avec une jolie petite carte vierge, avec deux girafes dessus, et m’a dit que Kô avait peur passer un mauvais anniversaire loin de sa famille et de ses amis, alors ça serait sympa si on lui écrivait un petit quelque chose.

Du coup, on a vu les choses en grand. J’ai tenté mon gâteau chocolat orange avec du chocolat au lait Meiji et une cuisson au micro-onde multifonction de l’unité, acheté 25 bougies, et on a fait une jolie carte avec plein de couleurs et des « joyeux anniversaires » dans toutes les langues. Quand il est rentré ce soir, on l'a accueilli en chantant.

Je crois qu’il était content. Et nous, ça nous a fait une bonne soirée animée et tout. En plus, Chen-san le connait bien : la première chose qu’il a dit en voyant la carte, c’est « Oh ! J’adore les girafes ! ». Trop mignon.

Jean - Kô - Jeff - Sarah - Max


mercredi 31 octobre 2012

Du cachet


Aujourd’hui, c’est l’effervescence sur le campus d’Izumi : tout le monde prépare le 明大祭 (meidaisai, fête de l’université), et il y a des étudiants en tuniques violettes qui s’activent dans tous les coins, montent des estrades, suspendent des lampions, collent des nuages d’affiches dans les montées d’escalier et décorent tout ce qu’ils peuvent.

Tous les cours de l’après-midi ont été annulés, ce que j’ai découvert après deux vaines tentatives pour assister à ceux que j’avais à mon programme (je me disais aussi). Ça tombe bien, j’avais cours uniquement l’après-midi aujourd’hui.

Je ne sais pas ce que ça va donner, mais ça a l’air bien parti.

dimanche 28 octobre 2012

« A la pointe de l’instant ». (Mais alors vraiment à la pointe).


Sakai - Asai - Shimoda - Kataoka (senseis)
Saitô - Shintani (sensei) - Masaki - Kiyo
Asai (kun) - Kôta - Suzuki - Kimu - Shimizu
Ma journée était tellement exaltante qu'il faut absolument que je vous la raconte, même en quelques mots, malgré mon épuisement :

Je me suis levé ce matin (dimanche !) vers six heures (oui, du matin), pour être prêt à partir vers 7h30, le tout dans le but de faire une heure et demie de train, traverser la moitié de Tôkyô et être au Riverside Sport Center de Taitô-ku vers les 9 heures. Là-bas on s’installe, l’échauffement des jeunes commence, cérémonie d’ouverture, premiers combats. On regarde, on traine, on somnole debout. Pause de midi. Ça s’étire. Vers 15h, je me présente à mon poste, je saute un tour (c’est le tirage, c’est comme ça), et je ne suis déjà qu’à deux tours de la quart de finale. La baston va enfin commencer. La fête hein ?

Et bien j’ai passé ma journée là-bas pour me faire gicler comme un gros fruit en 15 secondes, chrono en main, par un certain Toya-kun du Hatsune. Hiki-kote ; debana-kote, merci monsieur, au revoir monsieur. Rendez-vous à la saison prochaine.

Y’a pas de vidéo du combat hein, on n’a pas eu le temps d’appuyer sur « play ».
  


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Heureusement, Shintani-sensei m’a sauvé la soirée en m’invitant (encore !) dans ce petit resto qui est maintenant en face de sa nouvelle maison temporaire (si vous avez suivi depuis le début, ils ont fermé le sentô). On était avec son fils Kôta, Masaki-kun (aussi à Meiji, en droit), une copine à lui et sa mère Saitô-san. On s’est blindé, mais alors blindé le ventre de gyôza, de soba, de kara-age, d’eda-mame, de concombres aux épices et de légumes frits, arrosés de bière et d’une sorte de… gin tonic (eh oui), en parlant kendô, université, kendô, souvenirs, kendô, voyages, kendô, potins (de kendô), et en faisant des photos-manga, dont je vous livre ici un échantillon, pour conclure :


Les 4 fantastiques

Allez, la prochaine fois, je ferai 20 sec''. Ce qui compte, c'est le progrès...

samedi 27 octobre 2012

C'est la fête !

Ce soir, c'était "Halloween Party" dans le département des Global Japanese Studies.

Pour ceux qui n'ont pas idée, ce genre de fête commence à six heures et se finit à huit, il n'y a pas d'alcool parce qu'on est sur le campus (et puis certains sont mineurs, moins de vingt ans, alors c'est interdit), on s'est inscrit à l'avance et on signe à l'entrée, on se déguise soit en trucs d'halloween (des sorcières, des vampires ou des citrouilles cousues main par la grand-mère), soit en trucs trop kawaii (des... sorcières, des petits chats ou des Minnies), soit en trucs carrément chelou (des sorcières, des Donalds et des bananes), on se regroupe tous à l'intérieur, il y a un petit discours, et après on peut se goinfrer de bonbons. Mais détrompez-vous, c'est très funky.
Déjà, parce que tout le monde n'est pas fin cuit au bout de 30 minutes (contraste avec la semaine dernière).
Ensuite, parce qu'il y a plein de jolies sorcières et autres costumes généralement plus franchement sexy que flippant (même une petite diablesse à se faire damner les anges... qui rappelons-le, n'ont pourtant pas de sexe).
Et enfin parce que même si c'est très cadré, tout le monde papote en rigolant, on prend des photos avec tout le monde, et pendant deux heures, on oublie les réalités cruelles de la vie pour plonger dans un monde où tout n'est que sucreries et sourires niais.

Moi je dis ça, j'y suis resté trois quart d'heures, parce que j'avais entraînement, vous imaginez bien. Retour à la réalité cruelle sus-nommée : séries de kiri-kaeshi et de renzoku-wasa. Ça vous apprendra la vie, bande de moules !

Pour illustrer mon propos, j'ai récemment reçu une photo de Yuma-chan, responsable en la matière dans le département (toujours un appareil autour du cou). Ça date de la soirée d'accueil des étudiants en échange, fin septembre, mais ça vous donnera une idée, en attendant les photos de ce soir.

Moi je sais pas bien faire, hein, j'ai l'air tout coincé, alors prenez plutôt exemple sur elle :

Hai, chi----zu !


vendredi 26 octobre 2012

Le Retour du zombie IV (Zombie Strikes Back)

Ne t'en fais pas, je vais bien...


Oui, bon, je suis un peu fatigué, hein.
Je vous l'ai fait façon Shaun of the Dead, histoire que ça ait un peu de gueule.
Mais enfin, c'est bientôt le repos du guerrier, car ce week-end, c'est la dernière compétition du mois ! YAHOU !
Euh... ah oui... c'est aussi parce que c'est le dernier week-end du mois...

Enfin bon, on a trois jours de vacances pour la Toussaint, alors on va pas se plaindre, hein. Ils sont encore trop bons. Et puis ça fait quatre avec le dimanche qui suit, un vrai luxe ! En plus, on n'a qu'un ou deux entraînements durant ces trois jours, alors je vais me la couler douce, vous pensez ! Juste le sixième dan de Hirai-sensei à fêter aussi. Et puis un exposé à préparer avec mon groupe sur "la symbolique de Kusanagi-no-tsurugi comme lien entre les dieux et les hommes dans le mythe de Yamata-no-orochi" (pour ceux qui connaissent pas, c'est un peu comme Excalibure, mais la Dame du Lac, c'est un gros serpent à huit têtes qui se goinfre une vierge tous les ans. C'est juste un peu moins sexy quoi). Il faut simplement lire un gros bouquin avec des tas de kanji que même mon dico il connaît pas. Du vrai gâteau en somme ! Ça me laissera même le temps d'aller voir les championnats nationaux de kendô au nihon budôkan...

Je vous rapporterai des photos (hin hin hin !).

dimanche 21 octobre 2012

Waseda

Lui, il pratiquait en jôdan.
Ça se voit à sa façon de tenir sa bière, non ?

Chers lecteurs,

Je reviens tout juste de la nomikai qui a marqué la fin de la compétition qui opposait aujourd’hui les taidôren de Meiji et de Waseda, compétition à laquelle j’ai eu l’honneur de participer (j’ai gagné mon combat, mais on s’est pris une petite déculottée, pour ceux que ça intéresse. Les détails plus tard). Pour l’instant, je vis dans un monde trouble et plein de vagues et d’aléatoires visuels. L’explication, c’est que j’ai appris ce soir toutes les règles primordiales de la beuverie sociale universitaire japonaise. Je vous retranscris ça à chaud :

- Règle n°1 :         ne jamais refuser un sempai qui vous offre à boire.
- Règle n°2 :         ne jamais refuser un sempai qui vous offre à boire, même (et surtout) s’il vient de Waseda.
- Règle n°3 :         les sempai de Waseda sont beaucoup plus « forts en alcool » et « sévères » (pas en état de faire une traduction intelligente) que les sempai de Meiji.
- Règle n°4 :         (précède toutes les autres) : on ne manque jamais une nomikai du taidôren. Surtout quand on est gaijin. Et on est « fort en alcool » (comme les Chocapics en chocolat), parce qu’on vient de France, et que la France, c’est le pays du vin.
- Règle n°5 :         on présente toujours l’étiquette de la bouteille de bière du côté des sempai quand on repose la bouteille sur la table (ce qui suppose qu’on l’a soulevée d’abord. Oui. Vous êtes balaizes en logique vous, dites !).
- Règle n°6 :         la bière, c’est bien, mais au bout d’un moment, c’est dégueulasse. Vraiment.
- Règle n°7 :         Quand c’est un sempai qui sert, on tend son verre de la main droite, et on met la main gauche sous le verre, pour le présenter. Si on est servi par un kohai, ça ne se fait pas.
- Règle n°8 :          Quand on vient d’être servi par un sempai, il faut boire au moins une petite gorgée juste après, pour montrer qu’on apprécie. Le top de la classe, c’est de le faire toujours avec la main gauche sous le verre.
- Règle n°9 :         On peut faire finir les bouteilles cul sec à d’autres personnes de son choix, pour se venger des souffrances endurées jusque là. Dans ce cas, on crie « Binda, binda ! Binda binda binda ! * clap clap clap clap * Binda, binda ! Binda binda binda ! ». (NDT : retranscription phonétique et rythmique approximative). Le problème, c’est quand ça tombe sur vous.
- Règle n°10 :       lors du Xième kampai à verre plein, on peut régurgiter (ou carrément vomir, au choix) dans des sacs en plastique que les serveurs tiennent près à cet effet dans leurs poches. C’est prévu. C’est rassurant. Si vous êtes prévoyants, il y a aussi les toilettes. Vous pouvez combiner les deux à volonté.
- Règle n°11 :       comme j’ai fièrement défendu l’honneur des Français de Souche ce soir, je n’ai pas régurgité dans un sac en plastique. Mon copain Awa-chan s’est donné 4 fois à la tâche, selon ses dires. En revanche, j’ai dû aller m’isoler trois fois entre l’Izakaya et ma chambre pour évacuer le trop plein de ma vessie. Heureusement, c’était prévu dans le planning de l’excursion.
- Règle n°12 :       Prévoyez une solide excuse bidon, du genre « j’ai un super examen difficile mardi prochain (c’est vrai !), je dois aller réviser ce soir » pour échapper à la deuxième session.
- Règle n°13 :       (vous avez vu, je compte plutôt bien finalement !) : quand vous rentrez plus tôt que les autres, vous vous excusez une bonne dizaine de fois de votre impolitesse. Heureusement, ce sont des formules toutes prêtes (お先に失礼させて頂きま~す!). C’est très très très important (m’a dit Awa-chan, très fort). D’abord aux sempai lors du départ de l’izakaya, ensuite aux sempai dans le train, puis aux sempai à l’arrivée, etc. Enfin, à tout le monde avant de rentrer définitivement chez vous. NB : J’ai essayé de leur apprendre le teste de bourritude (se tenir le nez en passant le bras sous la jambe opposée) sur le chemin du retour, en plein milieu d’un quai de la Japan Railway à Shinjuku, mais Awa-chan m’a dit que ça ne se faisait pas, à cause des autres gens (souvent bien bourrés aussi, hein). Moi je m’en fous, j’ai réussi. De toute façon, il était aussi bourré que moi, et les autres avec.
- Règle n°14 :       D’après Watanabe-san, un entraînement intensif est moins dur à supporter qu’une nomikai avec Waseda. Je suis d’accord.
- Règle n°15 :       Vous êtes à une table tranquille, avec des filles gentilles qui vous posent des questions banales ? Buvez votre modeste verre, grignotez votre salade en papotant avec vos voisins, et n’allez pas faire le malin avec vos amis de la table d’à-côté. C’est un piège ! Ce sont probablement de gros fous qui ont déjà vomi trois fois dans la dernière demi-heure, et qui ne demande qu’à vous mettre au défi. Et si c’est un sempai de Waseda qui préside la table, vous êtes dans de beaux draps. Ils s’entraînent souvent, il parait. Et ils ne vous lâcheront pas.
- Règle n°16 :       quand on sert un sempai, on présente toujours l’étiquette de la bouteille au-dessus. Sinon on peut se prendre une tarte (il parait).
- Règle n°17 :       mangez bien avant. C’est risqué, mais ça amorti.
- Règle n°18 :       vous aimez la bière ? Moi aussi… à petites doses.
- Règle n°19 :       quand on fait kampai, c’est souvent à verre plein. Faut le descendre après. Pensez-y à l’avance. Un petit verre à pied, ça use, ça use, mais beaucoup de petits verres à pied, ça vous retourne carrément les tripes. Eh oui, la bière, ça gonfle, hein ?
- Règle n°20 :       Méfiez-vous des spaghettis aux fruits de mer. Ça ressemble traîtreusement à de la carbonara. Pourtant, les crevettes étaient bonnes, et je me suis fait péter le ventre de frites et de kara-age.
- Règle n°21 :       quand on voit un camarade tomber dans un profond sommeil éthylique, on dit qu’il « est mort » (死んでいる, pour les avertis). Si on voit juste son corps étendu sur un tas de vêtements, on dit que c’est « un cadavre » (死体). J’ai eu du bol, je ne suis pas mort ce soir.
- Règle n°22 :       J’ai calligraphie demain. Vous me voyez tracer des traits droits vous ? Ha ha ha…
- Règle n°23 :       Ah, oui, boire de l’eau cette nuit. Beaucoup d’eau. Beaucoup beaucoup d’eau.

En bref, ce qu’il faut retenir, c’est que le sempai est roi, et a droit de vie ou de coma éthylique sur ses sujets. J’ai été très impoli ce soir en esquivant la deuxième partie, mais avec cinq heures de sommeils et une compétition dans les pattes, je ne me sentais pas de festoyer à meidaimae jusqu’à 5h du matin avec la troupe de Meiji.

Pourtant, ça faisait envie, hein ?

Binda, binda ! Binda binda binda ! * clap clap clap clap * Binda, binda ! Binda binda binda !