mercredi 18 septembre 2013

Epilogue

A peine plus d'un mois que je suis rentré. Mon mémoire terminé, il est finalement temps de faire le bilan, bilan qui m'est gracieusement demandé par la région Rhône-Alpes comme condition du dernier versement de ma bourse Explo'ra sup. Je m'exécute, à titre d'épilogue, et vous tire ma révérence, d'ici à de prochaines aventures :

Dans le cadre des accords qui lient l’université Lyon 3 et l’université Meiji [明治大学] à Tokyo (Japon), je suis parti durant un an pour étudier en échange dans le département des Etudes Japonaises Internationales de cette université [国際日本学部], afin d’enrichir mes connaissances dans le cadre de mon travail de recherche de master 2 en Histoire de la philosophie sur L’Ethique des arts martiaux japonais (le budō [武道]). Mon séjour s’est déroulé de la mi-septembre 2012 à la mi-août 2013. J’ai effectué d’abord mon second semestre, puis mon premier, puisque les années scolaires japonaises sont inversées par rapport aux nôtres, le second semestre allant de septembre à janvier, puis le premier d’avril à juillet, avec les vacances de printemps qui s’intercalent entre eux de février à mars.

L’université Meiji est une université assez populaire au Japon en raison des nombreuses personnalités célèbres qui y ont étudié (parmi elles, le réalisateur Kitano Takeshi [北野武] par exemple), même si elle est plutôt loin derrière les universités japonaises vraiment prestigieuses, telles que l’université de Tokyo [東京大学] ou l’université Waseda [早稲田大学]. Son classement diffère selon les organismes de notation et les critères privilégiés, mais il est souvent autour de la vingtième place nationale. En revanche, elle est très réputée pour son accueil des étudiants étrangers, réputation méritée. Sa popularité au Japon lui permet également de disposer de fonds importants, grâce au nombre d’élèves inscrits, qu’elle sait attirer en retour par la modernisation constante de ses infrastructures. Ce dernier point en fait globalement une université très agréable à vivre. Elle est également réputée pour son département sportif, puisqu’elle participe au tournoi des six universités en Baseball, sport favori des Japonais (tournoi incluant Hōsei, Keiō, Rikkyō, L’université de Tokyo et Waseda).

L’université accueil environ 35 000 étudiants répartis sur 4 campus : Surugadai [駿河台] dans le centre de Tokyo, vers la station Ochanomizu [御茶ノ水], où se déroulent les cours de japonais pour tous les étudiants étrangers ; Izumi [和泉] à l’ouest de Shinjuku [新宿], près de la station Meidaimae [明大前], où se trouve la toute nouvelle résidence Izumi International House (construite il y a deux ou trois ans) pour une partie des étudiants étrangers ; Ikuta [生田] excentré, qui accueille notamment le département d’agronomie ; enfin le campus flambant neuf de Nakano [中野] près de la station du même nom, qui est exclusivement consacré au département des Etudes Japonaises Internationales depuis 2013.
Le défaut majeur de cette abondance de campus dans une ville aussi grande que Tokyo, c’est évidemment la perte de temps en déplacement entre chaque lieu, dans le cas où tout ce que l’on a à faire ne se déroule pas au même endroit, ce qui est fréquent pour les étudiants étrangers. Dans mon cas par exemple, logeant à la résidence d’Izumi, il fallait trois fois par semaine se rendre tôt le matin aux cours de japonais du campus de Surugadai, en pleine rush hour, en empruntant deux lignes parmi les plus bondées de Tokyo (et les plus fréquemment encombrées par des suicides) : la Keiō [京王] et la Chuō [中央], avec un transit par la gare de Shinjuku, première gare au monde en termes de trafic quotidien de passagers (environ 3 millions et demi). C’est une expérience matinale amusante au début, qui devient rapidement très pénible. Cela devient d’autant plus frustrant que l’un des campus de l’université, Izumi, se trouve lui à 10 minutes à pied de la résidence où habitent la moitié des résidents étrangers. Des amis ont réalisé un court métrage parodiant le célèbre clip Gangnam Style du chanteur coréen Psy, dans le cadre d’un travail pour l’université, qui permet de se rendre un peu compte de cette expérience. On peut le visualiser sur YouTube à l’adresse http://www.youtube.com/watch?v=Acg2OU3MRS0. A partir de 2013, le Département des Etudes Japonaises Internationales ayant déménagé du campus d’Izumi à celui de Nakano, cela ajoutait encore aux déplacements, puisqu’il fallait également s’y rendre en train, alors qu’il suffisait auparavant de moins de 10 minutes de marche pour aller en cours depuis la résidence, et pour en revenir.
Or, il ne faut pas sous-estimer au Japon, et à Tokyo en particulier, à la fois la pénibilité et le coût des transports, qui sont chers et épuisants. Dans le cas précédent, le prix d’un abonnement de trois mois entre les trois campus cités, avec une réduction étudiante, s’élève à environ 20'000 yen, soit 200 euros. C’est plus du double d’un abonnement campus à Lyon, et cela ne permet de se déplacer de manière illimitée que sur l’itinéraire fixe entre les trois campus. Tout autre déplacement doit être payé en supplément, car les transports en commun se payent à la distance au Japon, et non au temps (en France, un ticket donne généralement droit à une heure de déplacement sur un réseau donné ; au Japon, on paye à l’itinéraire).

Du point de vue de mes recherches, le séjour a été très profitable, et j’ai bénéficié de l’appui et des conseils de mon professeur référent, le vice-directeur de l’université, Monsieur Nagao Susumu [長尾進]. Il est notamment responsable des recherches sur le sport et les arts martiaux au Département des Etudes Japonaises Internationales, et dispense des cours sur les arts martiaux japonais. Il possède lui-même le 8ème dan dans la pratique du kendō [剣道], l’escrime traditionnelle japonaise au sabre, grade qui est actuellement le plus élevé dans cette discipline. Il m’a ainsi permis d’intégrer le club de l’université au niveau intermédiaire, le Taidōren [体動連], où j’ai pu m’entraîner presque quotidiennement, obtenant mon troisième dan fin avril 2013. J’ai parallèlement pu poursuivre aussi mon entraînement en iaidō, la pratique réelle du sabre japonais, et j’ai obtenu mon premier dan dans cette discipline début mars 2013.
Le résultat et l’avancée de mes recherches sur l’éthique qui sous-tend historiquement la pratique des arts martiaux japonais peuvent être suivis sur le site https://sites.google.com/site/penseedubudo/, où plusieurs articles en anglais ou en français, rédigés dans le cadre de mon travail à l’université, ont été publiés. Mon mémoire final sera prochainement disponible sur ce site également.

a.     Vie Pratique

·       Logement
Durant cette année, j’ai eu la chance d’être accepté à la résidence d’Izumi International House, rattachée à l’université Meiji et située à moins de dix minutes à pied du campus du même nom. La gare de Meidaimae est également très proche dans la même direction, et permet de se rendre directement à Shinjuku, gare à partir de laquelle on peut se rendre rapidement en presque tout point de Tokyo.
Cette résidence est très bon marché compte tenu de son emplacement avantageux et de la grande qualité de ses locaux, parfaitement neufs : la résidence sur trois étages est divisée en « unités », qui sont des appartements de six ou sept locataires. Chacun dispose d’une chambre privée avec une mini salle de bain dotée de toilettes. La pièce commune comporte une grande table et une cuisine moderne, un frigo et un four micro-onde multifonction. On dispose également d’une machine à laver à pièce dans chaque unité. Le loyer est de 45'000 yen par mois, soit 450 euros, sans les charges. En ajoutant l’électricité que l’on dépense pour le chauffage ou la climatisation individuelle et l’eau chaude, l’hébergement revient à environ 500 euros par mois, ce qui est inespéré à Tokyo pour un service de cet ordre.
L’ambiance dans cette résidence dépend évidemment de ses locataires, mais elle est généralement très chaleureuse, également grâce au personnel charmant et serviable qui en a la charge. La variété des résidents et leur soif commune de rencontres et de voyage en fait généralement un melting pot plein d’énergie et de ressources, qui permet de partager de nombreuses expériences, et de très bons moments.
La seule contrainte de cette résidence est l’interdiction d’y faire entrer des non-résidents sans les enregistrer à l’entrée surveillée, ces derniers devant quitter les lieux avant dix heures du soir. On pourrait également déplorer un peu le manque de vie du quartier, très résidentiel et assez huppé, en comparaison avec des quartiers plus populaires mais nettement plus colorés, de l’autre côté de Tokyo.

Il est également possible d’être hébergé à Komae International House dans une quartier plus éloigné, mais cette résidence est nettement plus contraignante et moins bien réputée, car elle offre une vie nettement moins libre, puisqu’elle abrite également des étudiants japonais. Malheureusement, lorsqu’on souscrit à l’hébergement lors de l’inscription en échange à l’université, il n’est pas possible de choisir sa résidence, qui est attribuée aléatoirement.
Les autres solutions à Tokyo sont généralement les collocations dans des appartements privés ou dans des guest house. Certaines agences spécialisées pour les étrangers peuvent être accommodantes, mais dans le cas de la plupart des propriétaires japonais, la tradition veut qu’on paye une forte caution (qui n’est généralement pas retournée, car elle est attribuée à l’entretien des lieux) et un « cadeau » d’emménagement, le shikikin [敷金] et le reikin [礼金], qui équivalent ensemble à deux ou trois mois de loyer. Comme on paye les loyers au début du mois au Japon, l’apport financier initial est très élevé.

·       Argent
L’argent est effectivement l’un des principaux problèmes de la vie au Japon, et tout particulièrement à Tokyo. Comme toutes les capitales, Tokyo est une ville particulièrement chère. Les transports en commun le sont énormément. Le logement et la nourriture correspondent environ à Paris, ce qui reste cher du point de vu lyonnais. Une particularité japonaise est de presque tout payer en liquide. Il est donc très important de bien s’arranger à l’avance avec sa banque pour les plafonds de retraits. Comme les commissions bancaires internationales sont toujours élevées, il est fortement conseillé de retirer beaucoup à chaque fois. Le Japon étant un pays très sûr, un portefeuille perdu, même bien garni, se retrouve souvent au commissariat du coin (mais ce n’est pas une raison pour tenter la chance pour autant). L’idéal est de disposer d’une bourse du gouvernement japonais, comme la JASSO, qui permet de recevoir un versement directement en yen dans une banque japonaise.
Il faut savoir également que les distributeurs au Japon fonctionnent 24h/24, mais ont la particularité d’imposer une taxe de retrait hors horaire d’ouverture entre 18 heures et 9 heures, ainsi que dans le cas où l’on retire dans une banque qui n’est pas celle où l’on a son compte.
De manière générale, l’argent au Japon n’est pas vu comme en France, et on peut rapidement être beaucoup sollicité pour participer à des soirées ou lors de démarches administratives, sans que cela paraisse anormal ou extraordinaire, alors qu’on a plus d’attention en France pour ceux qui seraient éventuellement en difficulté financière. Il ne faut jamais oublier que le Japon est un pays riche avec une classe moyenne très importante, et une forte culture de consommation. Dépenser beaucoup fait donc partie des mœurs, alors qu’on a plutôt la mentalité inverse en France.

·       Santé
Pour ce qui est de la couverture sociale, même si l’on dispose d’une couverture française, l’université Meiji oblige ses étudiants étrangers à souscrire à la couverture sociale locale, car les soins sont chers au Japon, et la couverture française ne rembourse qu’au retour en France. En cas par exemple d’hospitalisation, il faut pouvoir payer immédiatement de fortes sommes, donc la souscription locale est nécessaire : elle prend en charge immédiatement 70% des frais médicaux. Dans le cas d’un étudiant, sans revenu, elle revient environ à 10'000 yen à l’année dans le district de la résidence d’Izumi (on souscrit sur son lieu de résidence au Japon, et ces souscriptions peuvent donc être variables), soit 100 euros.
Il est demandé également de participer aux frais de l’infirmerie de l’université, à hauteur de 2'500 yen (25 €) pour Meiji.
Quant au système de santé dans son ensemble, mon expérience ne me permet pas, par chance, d’en parler en connaissance de cause. Il est cependant connu que la constitution des Japonais fait que leurs médicaments sont souvent trop faibles pour les Occidentaux, et font peu d’effet. Il est donc conseillé, pour prévenir les simples rhumes en hiver, d’emporter une boîte personnelle de médicaments communs.
Les Japonais, surtout en ville, font également un très fréquent usage des masques médicaux en hivers, afin d’éviter de se transmettre des germes dans la rue, au travail ou dans les transports en commun. Cette coutume un peu surprenante peut s’avérer finalement assez perturbante, car la population japonaise se transforme dans cette période en une armée d’hommes et de femmes sans visage, qui ajoute au côté anonyme déjà oppressant de l’énorme métropole.

·       Télécommunications
Le Japon est un pays extrêmement bien desservit du point de vue des télécommunications : c’est un leader mondial en la matière. A Tokyo, les communications Internet sont très rapides, accessibles à l’université autant que dans les résidences, et généralement dans tous les appartements. Le Japon a la particularité d’offrir également les services de nombreux cyber-cafés, dont les célèbres Manga Kissa, où l’on peut passe la nuit sur Internet dans un box privé pour des sommes rivalisant avec les hôtels les moins chers.
Bien que tous les Japonais possèdent généralement les derniers modèles de téléphones portables, les cabines téléphoniques, à pièce et à carte, sont toujours très nombreuses dans la capitale, et on en trouve sans problème, notamment dans les gares. Elles sont vertes et se repèrent donc facilement. En outre, il est généralement possible d’acheter des téléphones portables prépayés pour des tarifs assez bon marché. Dans mon cas, je disposais d’un abonnement de 3'000 yen (30 euros) pour deux mois, dont 300 yen alloués à un service de mails illimités, qui est disponible dans tous les abonnements japonais. J’utilisais donc les mails pour les communications courantes, et pouvais recevoir en permanence des appels téléphoniques. Par ailleurs, un numéro de téléphone est souvent requis pour les enregistrements administratifs.

·       Vie universitaire
Le système universitaire japonais est assez différent de l’élitisme et de l’exigence du supérieur français, car une très forte sélection s’effectue à la sortie du lycée, au moment de l’entrée à l’université, qui se fait sur concours national. Il faut donc réussir ce concours pour obtenir les universités les plus cotées. Il en résulte un certain relâchement dans les années universitaires, car les établissements accordent sans peine leurs diplômes une fois dans leur cursus. En France au contraire, c’est l’entrée qui est aisée, et l’obtention du diplôme qui demande du travail.
Le diplôme universitaire japonais équivalent à notre licence s’obtient en quatre ans, mais les deux dernières années sont plus consacrées à la recherche d’un emploi qu’aux études. Celles-ci n’ont d’ailleurs pas forcément beaucoup de rapport avec l’emploi qu’on décrochera, le but n’étant généralement pas tant de faire un métier donné que d’intégrer une grande entreprise renommée. L’emploi au Japon se prend normalement dès l’obtention du diplôme, ce qui explique cette chasse aux entreprises durant les deux dernières années. Les étudiants japonais sont souvent très surpris de savoir qu’en France, on doit d’abord obtenir son diplôme avant de chercher un emploi pour lequel on pourra ainsi justifier d’un degré universitaire. Il semble d’ailleurs assez rare que les Japonais poursuivent en master, alors que c’est plus fréquent en France. Cela s’explique sans doute aussi par un niveau de chômage environ deux fois moindre.

Le système à l’université Meiji se fonde sur des crédits accordés à chaque matière que l’on choisit de suivre chaque semestre. On se compose ainsi librement son propre programme parmi un large choix de cours variés dans le département où l’on est entré, pour 20 crédits maximum, sachant qu’une matière occupe 2 crédits en moyenne. Comparées aux partiels français, les évaluations sont très faciles : une grande part de la note finale (jusqu’à 40%) est souvent évaluée sur l’assiduité, c’est-à-dire la présence en cours. De nombreux professeurs font leur évaluation sur des travaux rédigés chez soi, les fameux « rapports », au nombre de un, deux ou trois par semestre, selon les matières. Certaines matières sont évaluées sur des travaux de groupe comme des exposés, et seules certaines matières ont des examens en temps limité à la fin du semestre, examens dont les questions à développer sont souvent données une ou deux semaines à l’avance. Attention, ce fonctionnement n’est pas nécessairement commun à tout le Japon ; c’est en tout cas celui en vigueur généralement au Département des Etudes Japonaises Internationales de l’université Meiji.
La notation s’effectue avec un système de lettres qui correspond à un pourcentage de réussite à l’épreuve : S = >90% ; A = >80% ; B = >70% ; C = >60%. Un F représente un échec (<50 b="">).

La relation avec les professeurs, comme souvent, est très variable. Si certains sont très distants et illustrent l’idée qu’on peut se faire de la hiérarchie très marquée de la société japonaise, les professeurs qui dirigent des recherches sont au contraire assez chaleureux avec les élèves de leur « séminaire », dont ils sont responsables. Cela dépend sans doute également des départements, mais les relations entre élèves et professeurs semblent assez relâchées à l’université.

·       Stage
N’ayant participé à aucun stage, je n’ai malheureusement aucune information utile à délivrer à ce sujet. Je pense simplement qu’il faut être solidement préparé à travailler dans une entreprise japonaise lorsqu’on s’apprête à y entrer, car leurs méthodes de travail sont très différentes des nôtres : beaucoup de réunions oiseuses, beaucoup de « cohésion d’équipe », ce qui implique beaucoup d’heures de travail et des débats prolongés, sans grande efficacité immédiate. Ce système trouve son utilité dans la très grande qualité et le perfectionnement du projet fini, mais peut rapidement agacer les Français qui, comme moi, aiment le travail efficace où l’on répartit des tâches spécifiques à chacun, et où tout doit être terminé dans les grandes lignes à un moment donné, afin qu’on puisse passer à la suite, ou tout simplement rentrer chez soi se consacrer à autre chose.

·       Vie Quotidienne
Le climat japonais peut être un peu perturbant selon les saisons. L’automne et le printemps sont les deux saisons les plus douces et les plus agréables. Les températures sont assez proches de celles de la France toute l’année, mais le taux d’humidité très élevé en été et très bas en hivers donne une sensation très différente : les muqueuses (nez, bouche) se dessèchent facilement en hivers, et on transpire énormément en été dès qu’on met un pied en dehors des bâtiments climatisés, à partir de fin mai ou début juin, et ce jusqu’à la mi-septembre, qui est la période des typhons : ponctuellement, la côte sud est balayée par des vents et des pluies violents.
Il y a bien sûr des séismes périodiques au Japon, mais il sont souvent à peine perceptibles si on ne se trouve pas dans les étages d’un bâtiment. On s’habitue très vite généralement, et ceux qui atteignent des amplitudes remarquables sont extrêmement rares.

Pour une raison que j’ignore, la nuit tombe rapidement au Japon, et le jour se lève tôt. Même en été, le soleil ne se couche jamais au delà de 19-20 heures, et se lève dans ce cas vers 4 heures du matin. En hivers, où les jours se resserrent, il se lève toujours assez tôt, et se couche déjà vers 16 heures. C’est sans doute une des raisons pour laquelle la vie nocturne au Japon commence assez tôt, et ne se prolonge pas nécessairement très tard dans la nuit, à cause des transports en commun qui s’arrêtent entre minuit et une heure du matin à Tokyo. Exceptionnellement, certains groupes font donc des « all », c’est-à-dire « all-night », et rentre chez eux avec les premiers trains le matin.
Que ce soit à l’université, dans les activités extérieures ou en entreprise, les japonais font beaucoup de nomikai [飲み会], des sorties en soirée avec un groupe donné de gens (votre séminaire, votre club de sport, vos collègues de bureau), afin de renforcer la cohésion du groupe. Il est assez mal vu de refuser de s’y joindre, à moins d’avoir un empêchement réel. Les étrangers seront toujours plus facilement excusés, car il s’agit d’une tradition japonaise, mais il est bon de s’y prêter si l’on veut s’intégrer réellement : c’est considérer comme une preuve de bonne volonté. Cela peut cependant devenir rapidement un fardeau lorsqu’on appartient à de nombreux groupes différents à causes de ses activités, et que les nomikai se multiplient toutes les semaines, d’autant qu’il est généralement attendu des Occidentaux qu’ils tiennent bien l’alcool, ce qu’on peut vouloir vérifier en essayant de vous faire boire abondamment. La formule la plus courante offerte par les débits de boisson dans ce cas-là étant bien souvent « boisson à volonté », une formule très courante au Japon, le problème qui peut alors se poser également, c’est de ne pas disposer de finances nécessaires pour suivre le rythme de ces sorties en soirée. Les Japonais ayant pour habitude d’organiser leurs soirées en un, deux ou trois volets, chacun dans un établissement différent, ils dépensent parfois jusqu’à 10'000 yen (100 euros) en une seule nuit, sans vraiment se poser de questions.

Pour ce qui est des courses et de l’approvisionnement, le Japon est sans doute le pays le plus pratique au monde, en tout cas dans les grandes villes. Les Japonais disposant de peu d’espace chez eux, ils ont l’habitude de faire des courses presque quotidiennement, et délaissent les centres commerciaux, presque inexistants, au profit d’une profusion de petits supermarchés de quartier, qui ne se trouvent donc jamais loin de l’endroit où l’on habite. Ces supermarchés sont généralement ouverts de 9 heures à 22 heures, et outre les consommables usuels, ils distribuent de nombreux plats préparés, car les Japonais cuisinent peu chez eux par eux-mêmes. Outre ces supermarchés, les villes japonaises sont truffées de convenient stores, « combini » en japonais, qui sont ouverts 24h/24 et 7j/7, et distribuent tout le nécessaire d’usage : nourriture chaude et froide, boissons chaudes et fraîches, magazines, cosmétiques et produits de soin d’urgence, parapluies, etc. Ils disposent aussi généralement d’un distributeur de billets et d’un service de photocopie à pièce. Comme leur nom l’indique, ces magasins sont très pratiques, et on prend vite l’habitude dangereuse de se reposer confortablement sur leur disponibilité permanente (un de mes amis italiens appelait celui au coin de notre rue « le frigo », car en cas de besoin, il suffisait tout simplement d’y descendre, à toute heure du jour ou de la nuit).

Un des meilleurs moyens de s’intégrer dans la société japonaise, comme le faisait déjà remarquer le judoka britannique Trevor Leggett au milieu du siècle, c’est sans doute de se consacrer à un art traditionnel japonais, qu’il s’agisse d’un art martial ou de calligraphie, de danse ou de musique traditionnelle, d’ikébana ou de cérémonie du thé. C’est lorsqu’on s’intéresse à ces pratiques-là que les Japonais se sentent véritablement en confiance, car cet intérêt se distingue de la consommation touristique commune chez les Occidentaux, et de l’intérêt superficiel pour la pop culture japonaise, telle que les mangas, les animés, la J-pop et ainsi de suite. En effet, ces pratiques traditionnelles sont proprement et purement japonaises, solidement ancrées dans les traditions. Montrer un intérêt pour elles flatte et rassure les Japonais sur la sincérité de notre curiosité pour eux, de telle sorte qu’ils montreront en retour un intérêt et une attention particulière pour ceux qui s’y adonnent avec sérieux. Bien sûr, il n’est pas exclu d’y rencontrer aussi quelques grincheux condescendants qui considéreront avec un certain mépris ces gaijin (étrangers) qui ont la prétention de faire des progrès dans une activité proprement japonaise, mais cette attitude est vraiment rare. En revanche, il est vrai que même lorsqu’ils font tout pour transmettre leur savoir-faire dans un de ces arts traditionnels, de nombreux Japonais considéreront au fond d’eux qu’un Occidental, tout appliqué qu’il soit, ne pourra jamais en comprendre véritablement toute la profondeur : celle-ci ne peut être atteinte que par un pratiquant issu lui-même de la culture japonaise. Bien qu’on puisse lutter contre ce préjugé par son sérieux, force est de constater qu’en définitive, une certaine dimension culturelle de ces pratiques nous échappera toujours, et qu’on finit inévitablement par atteindre ses propres limites à vouloir être « plus japonais que les Japonais ».

La Nourriture au Japon. Ne vous y trompez pas, le Japon est un pays gastronomique qui a une cuisine très raffinée. Pour autant, si vous êtes Lyonnais, que vous aimez la charcuterie, la viande rouge, le bon vin, le bon fromage, le bon pain et les pâtisseries, vous finirez probablement par être très malheureux, car rien de tout ça ne peut se trouver au Japon, sauf éventuellement à y mettre des prix parfaitement déraisonnables. La charcuterie n’existe pas au Japon ; la viande rouge est chère, très grasse et fondante, et souvent servie en tranches fines ; le vin qu’on trouve communément en dehors de magasins spécialisés n’est pas bon ; le fromage est industriel, les produits laitiers rares en général (le beurre est très cher et peu employé, absence totale de crème fraîche épaisse) ; enfin, en dehors du pain de mie carré industriel, les boulangeries françaises à Tokyo font un pain quelconque, des croissants pauvres en beurre et des pâtisseries étranges, le tout à des tarifs qui les marquent comme des produits plutôt luxueux. De manière générale, les quantités japonaises sont assez chiches, quoique suffisantes, et les mœurs sont à la nourriture maigre. Les amateurs français de bonne chère et de nourriture riche doivent donc se préparer à l’avance à de nombreuses et douloureuses privations. Pour ceux qui souhaitent perdre quelques kilos en revanche, un séjour au Japon constitue généralement un très bonne occasion de prendre des habitudes saines.



b.     Etudes

·       Séminaire d’orientation
De manière générale, les étudiants étrangers sont très bien pris en charge par leurs universités d’accueil, et le Japon est très bon pour tout ce qui touche à l’hospitalité. Les Japonais ont conscience de la particularité de leur pays et de leur langue, et feront tout pour qu’on ne se sente pas perdu en arrivant, notamment en organisant de nombreuses orientations ou soirées d’intégration (des soirées très sages et très orchestrées, cela va de soi). L’une des grandes difficulté du Japon, c’est que sa population est globalement très mal à l’aise avec l’anglais et les langues étrangères en général. La conscience d’être mauvais en langues étrangères et la peur de faire des fautes sont d’ailleurs certainement leurs plus gros handicapes, loin devant leur compétence réelle, qui n’est probablement pas si mauvaise qu’ils le pensent. Vivre au Japon sans parler japonais est donc possible, mais très limité, y compris au sein d’un département international, dans une université qui vante ses nombreux échanges avec l’étranger : le triste constat, c’est que même là, il n’y a presque aucun étudiant japonais réellement capable de communiquer avec autre chose que sa langue maternelle. Quand on en rencontre finalement un qui a cette capacité en revanche, il est souvent très bon, voire excellent.

·       Calendrier universitaire – date début, fonctionnement semestriel ou trimestriel, congés
L’année scolaire japonaise se découpe en deux semestres, d’avril à juillet d’abord, puis de septembre à janvier ensuite. Entre eux s’intercalent donc les vacances d’été, d’un peu plus d’un mois, et surtout les « grandes » vacances de printemps, en février et mars. C’est souvent l’occasion pour les clubs sportifs de faire de grands rassemblements d’une semaine pour des entraînements intensifs de « vacance », où l’on s’entraîne le jour et où l’on boit la nuit. En dehors de ces deux périodes, il y a une semaine de congés au nouvel an, et une autre pour la « golden week » en mai, sans compter une poignée de jours fériés nationaux.

·       Système administratif
Le système administratif japonais est très lourd. Plus encore qu’en France, on aime la bureaucratie au Japon, et comme on est hors du cadre européen, les choses sont toujours nettement plus compliquées qu’au sein confortable de l’espace Schengen. Il faut très souvent remplir de nombreux papiers et faire de nombreuses signatures, mais le plus ennuyeux dans l’opération, c’est que le fonctionnaire japonais est souvent très pointilleux, et la moindre rature sur un formulaire officiel peut obliger à tout recommencer depuis le début sur un formulaire vierge. Il faut par exemple savoir qu’au Japon, une croix signifie « non ». Il faut donc cocher une case avec un petit « ü », sans quoi on risque de poser de graves cas de conscience au responsable.
Dans le cas de documents vraiment officiels, comme l’ouverture d’un compte en banque, il sera aussi nécessaire de se faire fabriquer un tampon, car les japonais ne signent pas leurs documents officiels, considérant qu’une signature est aléatoire et peut être imitée. A la place, ils utilisent des sceaux avec leur nom, qui deviennent donc obligatoires lorsqu’on s’attaque à certaines démarches. Dans ce cas, on peut souvent se faire indiquer une boutique où l’on fabrique ce genre de sceaux en une petite heure.

·       Déroulement des cours
Les cours au Japon dépendent sans doute des établissements. Le format à l’université Meiji est d’une heure et demie. La plupart sont des cours magistraux, en dehors des « séminaires », qui sont des sortes de réunions d’harmonisation avec le professeur référent pour les travaux de recherche. De nombreux cours vérifient l’assiduité des élèves, qui sera fortement prise en compte dans la note semestrielle. Certains cours mettent aussi (ou plutôt) l’accent sur la participation spontanée des élèves, qui donne des bonus dans la note finale. Certains cours prennent également la forme d’exposés animés par les élèves. Il arrive selon les professeurs qu’il soit demandé en fin de cours de rédiger un petit compte-rendu de ce qui a été dit dans l’heure. Des « rapports » sur le contenu des cours, ou un petit travail de recherche sur le sujet abordé sont souvent demandés dans le courant du semestre, et constituent l’évaluation de la matière. Je n’ai cependant jamais rien vu de vraiment semblable aux travaux dirigés de l’université française, sauf peut-être en cours de japonais, exclusivement réservés aux étudiants étrangers, et souvent plus académiques et scolaires que les autres disciplines.

·       Qualité des cours : niveau académique
De manière générale, la qualité des cours au Japon me semble moindre que celle qu’on trouve en France. D’après l’expérience que j’en ai eu, l’université japonaise est plus une structure visant à former de futurs bons employés qu’à développer des caractères, former des cultures personnelles et faire acquérir des savoirs et des savoir-faires.
En France aussi, chaque faculté a ses professeurs paresseux, qui meublent des cours non préparés en racontant leur vie plutôt qu’en enseignant quelque chose, mais ce cas de figure est en fait assez rare, et le stratagème n’est jamais poussé à outrance, même s’il agace. La plupart des cours sont construits et abordent un sujet en profondeur. Au Japon, qui a calqué son système universitaire sur le système américain, l’intégrité et le sérieux des professeurs recrutés est souvent à mettre fortement en doute, avec certains cours parfaitement vides, qui constituent des pertes totales de temps, sans compter que le principe de l’assiduité notée oblige à venir assister à chaque cours. J’ai rarement vu de cours véritablement construit au Japon (quoiqu’il y en ait quand même, qui s’avèrent très bons), sans doute aussi parce qu’on a l’habitude en France de structures très fortes dans l’organisation d’un savoir. On se trouve donc facilement désarçonné par des programmes de semestre un peu aléatoires, qui présentent parfois une description alléchante et très séquencée sur le papier, mais qui ne sont en fait que du vent dans leur réalisation. Il s’agit d’un cas extrême, mais qui peut se rencontrer. Le problème est qu’on ne peut donc jamais trop savoir à quoi s’attendre avant de véritablement connaître les professeurs, et il est sage alors de se construire un programme de semestre plutôt en fonction des enseignants qu’en fonction du sujet de leur cours : celui-ci sera toujours intéressant avec un bon professeur, tandis que même un sujet intéressant a priori peut s’avérer être une perte de temps monumentale avec un professeur peu compétent, et peu soucieux de l’être.
Bien sûr, il est donc toujours possible pour ceux qui en ont la volonté de prendre leurs études en main au sein de l’institution, afin de se former l’esprit. Avec un bon choix de cours et en connaissant les enseignants, on peut arriver à apprendre énormément, notamment sur des sujets et avec un angle de vue introuvables en France. Malheureusement, l’université japonaise est un peu la récréation après un secondaire oppressif, et le système de choix des cours est souvent l’occasion pour les élèves de se faire des programmes minimum, en évitant les cours du matin pour pouvoir se lever tard, et en se libérant des plages horaires pour les jobs étudiants, afin de gagner l’argent nécessaire à une vie étudiante coûteuse et animée.

·       Charge de travail
La charge de travail peut vraiment varier énormément d’une université à l’autre et d’un département à l’autre, comme partout. Globalement, le travail scolaire ne m’a jamais semblé écrasant, mais il peut y avoir de fortes périodes d’accélération, lorsque les rapports à rendre se multiplient en fin de semestre par exemple. La difficulté vient souvent des travaux qui sont demandés en japonais, et qui réclament généralement beaucoup de temps de rédaction. Tout est ensuite une question de dosage avec les activités extra-scolaires que l’on souhaite pratiquer et l’investissement personnel que l’on est prêt à faire. Quant à obtenir des résultats suffisants, ce ne sera jamais un problème, à moins de vraiment se laisser aller.

c.     Bilan & suggestions

-        Quel bilan faites-vous de ce séjour à l’étranger ? Quelles ont été les principales difficultés que vous avez rencontrées ? Vos projets personnels et professionnels ont-ils évolué au cours de ce séjour ? En quoi ?
Ce séjour a été très riche à de nombreux égards, et tout particulièrement sur le plan des connaissances acquises dans mon domaine d’étude, l’éthique des arts martiaux japonais, car des connaissances précises sur ce sujet sont rares en France. Il était donc vraiment avantageux d’aller se nourrir à la source et de profiter de l’expertise et de la recherche japonaises sur la question. En dehors de l’étude pure, la pratique des arts martiaux a aussi été très agréable et payante, comme toujours, car c’est encore au Japon qu’on trouve les meilleures structures pour évoluer rapidement et solidement, même s’il faut pour cela traverser quelques périodes difficiles de remise en question.
La difficulté était donc d’arriver à concilier toutes les activités quotidiennes dans un programme hebdomadaire dense, en étant loin de ses bases et de ses repères, dans un pays où la culture particulière, aussi attirante soit-elle, reste un fossé qu’il est parfois impossible de combler. Passé le temps d’adaptation, il faut donc être capable de tenir sur la durée, loin des siens et de ses habitudes, dans un pays qui est très accueillant, mais avec une culture paradoxalement très fermée sur elle-même, comme en témoigne la difficulté à communiquer avec la majorité des japonais dans une autre langue que la leur.

Ma seule véritable évolution concernant mes projets professionnels est ma conviction que l’entreprise japonaise est une structure qui ne me convient pas, et que j’éviterai d’intégrer autant que possible à l’avenir.

-        Avez-vous eu besoin d’être encadré, préparé et orienté avant et pendant votre séjour ? Comment cela s’est-il passé ? Quel rôle a joué votre établissement dans cette préparation ? Avant votre départ, êtes-vous entré en contact avec des étudiants ayant déjà effectué un séjour dans le même établissement d’accueil que vous ? Avec des étudiants étrangers venant de votre établissement d’accueil ?
Il est toujours utile d’être encadré et préparé avant et pendant le séjour, surout pour un voyage à l’autre bout du monde : le Japon n’est pas l’Espagne ou l’Angleterre ; la langue est structurellement différente, la culture très particulière et la distance énorme. Si l’on n’est pas préparé, il faut se préparer soi-même, notamment en essayant de se documenter un minimum pour essayer de commencer à briser tous les préjugés, l’imaginaire et les idées reçues qui nous conditionnent depuis la France (et qui viennent malheureusement parfois de la documentation elle-même). On ne peut jamais vraiment en venir à bout avant d’être confronté à l’expérience véritable du pays, mais le choc est sans doute moins vif si l’on fait d’abord un travail sur soi. Il faut notamment combattre l’image idéaliste ou séduisante d’exotisme que l’on a souvent du Japon, sous peine de se trouver tôt ou tard confronté à une certaine désillusion. Il est légitime d’être attiré par la culture japonaise, mais comme toutes les cultures, elle a ses faiblesses, et la distance qui nous en sépare ne fait rien pour les rendre plus facile à accepter une fois qu’elles se dévoilent.
Quant à la préparation administrative, les établissements sont généralement parfaitement rodés, tant en France qu’au Japon, et leur seul défaut est qu’ils sont donc un peu déconnectés des étudiants, qui sont parfois laissés vaguement dans l’ombre sur des sujets qui les inquiètent. Comme les relations internationales, de part et d’autre, sont parfaitement au courant des calendriers, des échéances et des procédures, elles ne se soucient pas d’informer spontanément les candidats de l’avancement des décisions et de l’évolution des choses. Partir à l’étranger est souvent un gros investissement pour les étudiants, tant personnel que financier, et on s’inquiète souvent très rapidement de savoir si l’on est accepté en échange ou non, et dans quelles conditions. Malheureusement, la lenteur des démarches administratives et l’étalement du calendrier des réponses fait qu’on est parfois laissé dans le doute pendant de très longues périodes, vides de communication, qui sont sources d’angoisse. Au lieu de toujours mettre la pression sur les étudiants pour qu’il fournissent un travail de qualité jusqu’à leur départ, il serait sans doute bon de leur accorder plus de confiance, car on s’aperçoit par la suite que les départs à l’étranger, une fois attribués, ne peuvent quasiment jamais être refusés, sauf problème grave : pourquoi donc nous faire douter jusqu’au bout ?
Pour pallier ce problème, il est donc effectivement bon de se mettre autant que possible en contact avec des étudiants actuellement en échange, ou bien qui en reviennent, afin qu’ils rassurent ceux qui vont partir en leur fournissant de bonne volonté les informations pratiques qui leur ont été utiles. Ce système est souvent mis en place localement avec succès. On pourrait imaginer qu’il soit globalisé, organisé et structuré de manière simple et pratique à l’échelle régionale, voire nationale, en mettant à profit l’outil Internet et les structures déjà existantes dans les universités.

-        Si vous deviez repartir à l’étranger, quelles erreurs éviteriez-vous ? Comment vous y prépareriez-vous ? Que suggéreriez-vous à ceux qui vont partir ?
La prochaine fois que je partirai, j’éviterai sans doute de m’imposer un séjour si long sans interruption, malgré le coût contraignant d’un aller-retour entre le Japon et la France. Il ne faut pas négliger le bien que peut faire une simple pause au milieu de l’année. Il est bon à cet égard de tisser rapidement des liens à l’étranger avec d’autres personnes expatriées, avec lesquelles on partage cet éloignement, et qui en comprennent la difficulté. De cette manière, on évite la solitude chronique, notamment lors des événements culturels qui nous marquent, comme les fêtes de Noël par exemple. Il est bon également de conserver des contacts à distance à l’étranger après le retour au pays, même épisodiques, de manière à ne pas perdre l’ancrage qu’on a acquis lors d’un premier séjour. Il s’agit toujours ensuite d’un appuis sur lequel on peu solidement compter, particulièrement au Japon, où l’hospitalité est très développée, et où les liens d’obligation qui lient les particuliers, s’ils sont réciproques, peuvent être très forts.
Sachant que dans le cas d’un séjour dépassant six mois, le mal du pays se manifestera tôt ou tard sous des formes variées, il faut essayer de faire en sorte de ne pas s’imposer trop de contraintes, afin d’avoir des portes de sortie possibles et des moyens de décompression. Dans le cas du Japon, et plus encore de la ville japonaise, la société est très oppressante et exigeante. Les Japonais ont leurs propres méthodes pour s’en échapper occasionnellement, mais ces méthodes ne fonctionnent pas toujours pour nous. Il faut donc savoir aussi rester fidèle à soi-même parfois, et savoir conserver un équilibre et une certaine liberté personnelle. A l’inverse, ne faire aucun effort pour s’intégrer dans le système japonais est une erreur, car cela isole, et fait passer à côté de nombreuses expériences très enrichissantes, qui permettent de découvrir une autre manière de vivre que celle dont on a l’habitude. Ce genre de découverte ne peut être que bénéfique pour le développement du caractère.

-        Quelles améliorations estimez-vous intéressantes d’apporter aux échanges internationaux ?
Dans l’idéal, il serait intéressant d’avoir à l’échelle internationale des accords semblables à ceux qui lient l’espace européen, car bien qu’on parle de mondialisation, on s’aperçoit rapidement de la lourdeur des démarches administratives dès que l’on commence à voyager un peu en dehors de l’Europe (ce qui fait prendre conscience en creux de la valeur et de l’utilité des accords Schengen). Il s’agit bien entendu d’une idée actuellement irréalisable et qui pose de nombreux problèmes, mais qui mérite sans doute qu’on l’envisage, ne serait-ce que pour changer notre vision des échanges internationaux. Il n’en reste pas moins que la possibilité pour les étudiants de faire ces échanges est une très belle opportunité de s’ouvrir l’esprit et d’acquérir une conscience humaniste.

mardi 30 juillet 2013

Fin des exams

OUF !

Tu t'es vu quand t'as lu...
pendant trois semaines sans dormir ?

"T'as pas un peu maigrit ?" qu'ils demandent.
S'ils savaient...


Et maintenant, le mémoire !
Yahou !

lundi 29 juillet 2013

東京電車スタイル (Tokyo Densha Style)

Et voilà ! Chose promise, chose due, d'autant que ça faisait un moment que je voulais vous donner une idée du quotidien des transports à Tokyo, mais je n'ai jamais eu le courage d'embarquer la caméra. Mes petits camarades s'en sont très bien chargés pour moi, avec leur touche personnelle et pas mal d'humour.

Pas la peine de présenter la chanson qui est parodiée, tout le monde connaît, c'est le plus gros phénomène mondial de toute l'histoire de YouTube. Pour les irréductibles incultes, je ne m'abaisse pas à donner de lien (ça vous apprendra), vous tapez Psy, Gangnam Style, et c'est tout de suite à droite, vous pouvez pas le rater. Et puis dépêchez vous, parce que c'est un crime contre l'humanité de pas encore avoir vu ça à notre époque.
La culture, c'est comme la confiture : y'en a pour tous les goûts, mais certains pots sont visités plus souvent que les autres.

Allez, pour la version Meiji, je vous ai fait des sous-titres, hein. On est pas des bêtes...




Et pour ceux qui sont gênés par le texte, la version originale ici.

A bientôt sur nos lignes...

jeudi 18 juillet 2013

発表会, suite et fin

Après bien des péripéties (que vous aurez naturellement suivies), nous avons persisté et signé, travaillé dur, planché une journée sur le scénario et le script, tourné pendant deux après-midi pleines sur deux plateaux différents, et enfin passé plus de 30 heures de montage et d'enregistrement (notamment de nuit) pour arriver finalement à accoucher du douloureux bébé que nous avons pu présenter lors de notre happyôkai devant nos petits camarades ébahis, et que je suis heureux de vous dévoiler ici en exclusivité (ajoutez 3 heures de boulot au moins sur les sous-titres en anglais, merci à votre serviteur, et excusez ses éventuelles fautes de langue, il n'est pas bilingue, ni encore moins linguiste, lui) :




Voilà, c'est encore très loin de la perfection, et on sent les influences et les sensibilités différentes de chacun dans la composition et l'humour de la vidéo. Pour autant, c'est du vrai travail d'équipe (j'ai pas donné ma part au chien, vous me connaissez, je suis un dirigiste implacable), et la récompense a été à la hauteur, que ce soit Ishizuka-sensei, qui s'est jetée sur nous à la fin de la projection devant tout le monde pour nous serrer la main à tour de rôle en répétant hystériquement "Saikô da ; saikô da" ("C'est le meilleur ! c'est le meilleur !") ou encore nos camarades, qui dans le rapport de fin de séance nous ont tous encensé à grands mots. Même Okita-sensei a semblé fléchir plus ou moins de bonne grâce devant le résultat de notre persévérance, et la réplique "Tanoshimimasu !" est devenu un gimmick des soirées internationales ces derniers temps.

Il faut dire pourtant que nos camarades se sont tous illustrés à l'occasion par leurs productions, même s'il était clair qu'ils avaient moins investi que nous dans leurs projets (on s'est quand même payé un love hotel pour le tournage, nous). Pour vos yeux seulement, je mettrai si possible en ligne ultérieurement le génial Tokyo densha style du groupe II.

Tout est bien qui finit bien.

samedi 13 juillet 2013

Rapporteur

Chers tous,

Vous avez remarqué, cela fait bien un mois ou deux que je ne réponds plus à vos mails. Individuellement, vous avez donc tous dû plus ou moins penser que je vous porte quelque aversion profonde pour une raison inconnue.
Que nenni !

La vérité, c'est que je suis en pleine fin de semestre, et qu'outre les examens réguliers et les parodies de Japanese tradition à tourner dans les Love Hotels du quartier d'Uguisudani, les rapports pleuvent sur nos pauvres têtes comme les calamités divines sur l'Egypte ancienne.
Vous me direz, après tout, c'est la saison des pluies.

Ne vous affolez pas, donc. Tout vient à point à qui sait attendre, et Dieu vous le rendra au centuple. Je croule actuellement sous les papiers et les articles à rendre en anglais, en japonais, pimentés de petits bouts de mémoire griffonnés en français par-ci par-là sur un coin de carnet lors d'un trajet en train entre les trois campus qui marquent le triangle des Bermudes de notre quotidien, tâchant de ne pas me laisser engloutir par l'orage (ô désespoir, ô vieillesse ennemie !).

Quelques informations d'urgence, qui m'ont été parfois demandées, et que je vous lâche comme ça, comme on lâche du lest dans la tempête, ou des bordées à Trafalgar :
Je rentre le 12 août (vous devriez le savoir), c'est à dire le 13 à Paris (vers 6h30), et je saute immédiatement dans un train qui devrait m'amener à Lyon en fin de matinée, où je compte retrouver ma famille. A partir de là et dans les jours qui suivent, a priori, pas la peine de me chercher autre part qu'en Bourgogne, où je vais essayer de souffler un peu avant la dernière ligne droite (en mangeant des burgers avec le Frangin devant des films d'action pleins de testostérone, j'espère).
La suite se fera à flux tendu. Du 18 au 23, je serai entre Paris et Lyon pour faire visiter notre beau pays à une famille d'amis qui arrive de Tokyo sur mes talons. Après les avoir jeté dans l'avion le 23, je file à Meaucé pour jouer à Four Weddings and a Funeral. Le 24, retour en Bourgogne pour un anniversaire de famille, et il me restera quelque chose comme une ou deux semaines de "libres" pour finir (c'est-à-dire rédiger) mon mémoire avant de le rendre pantelant à mon magnanime directeur.
Comme vous pouvez le constater, on n'en a pas fini (si vous voulez un aperçu de mon boulot actuel, vous pouvez consulter le site sur lequel je le publie).

La suite est infiniment floue. Passé la mi-septembre, et pour la première fois de ma vie, je n'ai pas là moindre idée de ce que je ferai, ni même où. L'aventure, quoi ! Je vais évidemment tenter de retourner à Tokyo assez rapidement, mais je n'ai pour l'instant aucune option ferme. Etant donné que l'entretien que j'ai passé au début du mois à la Délégation de l'Union Européenne au Japon m'a confirmé que le stage qu'ils proposent est absolument sans aucun salaire ni aide financière, c'est encore une option qui s'évapore. Quand on connaît le coût de la vie (et simplement du voyage) à Tokyo, cela revient à dire : "Vous avez de la chance, vous allez avoir l'opportunité de vous former une expérience professionnelle en travaillant pendant six mois sur un projet annuel pour nous, et vous allez payer très cher pour ça !".
Ils sont très gentils par ailleurs, mais en admettant seulement qu'ils me recontactent, je vois difficilement comment je peux accepter une offre pareille (ils ont aboli quand l'esclavage déjà ?).

Voilà, ne vous inquiétez pas de mon silence, et allez donc (en paix), je ne vous hais point. Vous ne perdez rien pour attendre !

dimanche 7 juillet 2013

発表会, encore

On se souvient comment en fin de semestre dernier Nena et moi-même avons produit un sketch des comiques Rozan devant nos camarades à l'occasion de la présentation orale générale (le spectacle de fin d'année de vos années de primaire, mais à l'université). Et bien comme annoncé, ce semestre, on remet ça. Avec pas mal de séances de préparation en moins.
Avec Hoda, Max et Tobi, on avait donc rapidement décidé, avec l'accord de notre professeur Ishizuka-sensei, de faire une vidéo du genre de la série Japanese Traditions, qui sont des parodies de documentaires sur des aspects connus de la culture japonaise. Clairement réalisés à l'intention de gens qui connaissent bien la culture japonaise, ces parodies racontent beaucoup de bêtise et tournent en dérision ces traditions, comme on peut le voir dans celle sur les sushi :




Bien entendu, pour aborder un sujet qui nous amuse et nous passionne, on avait jeté notre dévolu sur les Love Hotels. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes (passible !), jusqu'à ce qu'Okita-sensei entende parler du projet. Outre une ramonée déguisée en classe sur le fait que le sexe n'était pas un sujet digne d'élèves d'université (quand on voit le niveau général de maturité des élèves de Meiji, on se demande un peu ce qui, globalement, est digne d'eux), on a eu droit à un mail correctif long comme ma... enfin, très long quoi, de la part d'Ishizuka-sensei, la queue entre les pattes (Ah ! Voilà, c'était le mot que je cherchais !), qui nous explique en trois beaux paragraphes argumentés qu'il faut qu'on... revoit notre projet en profondeur. D'ici à jeudi prochain (script et tout).

Voilà, alors comme les relations charnelles sont un sujet qui dérange au Japon, j'ai proposé de revenir à quelque chose de plus kawaii et de plus consensuel en tournant un remake d'un célèbre clip de J-pop des AKB48, j'ai nommé Heavy Rotation. Je vous laisse le découvrir en version originale (officielle), moi je retourne faire quelque chose d'intéressant de ma vie...




mercredi 3 juillet 2013

Remballez, c'est pesé

Tan s'est aperçue aujourd'hui que j'étais en vente chez Ikea. Et je pèse mon poids, hein !



lundi 1 juillet 2013

Jarhead

Ça y est, le frangin m'annonce qu'il a réussi son stage TP, et il prend donc ses fonctions comme tireur de précision au sein de sa nouvelle section.

On va bientôt pouvoir aller jouer à Predators dans le maquis donzyron ! Chouette !



Pour survivre à l'Enfer, ils vont devoir faire un Tartare !


Les Frères Massacre II
* Frelu resurrection *


Ex-marines de la CIA, le badass
suprême de la mort qui tue Dany
va devoir affronter son destin et les
forces du mal du monde entier pour
sauver la Terre... et même l'Humanité !
Ancien ninja yakuza de l'occulte 
organisation Yamaguchi-gumi, Dan va
être confronté au terrible secret
de 
son passé, et devra faire le
choix 
ultime entre Bien... et Mal !





























Avec :
Zeblai Rucha
dans le rôle de
Daniel
et :
Jeffrey Chrau
dans le rôle de
Daniel


Un été qui claque sa race,
prochainement sur vos écrans...

vendredi 28 juin 2013

Loris Natsu Party

Loris, il en a des idées comme ça parfois ; c'est le genre de mec, il se dit le mercredi sur un coup de tête "Tiens, je ferais bien une soirée vendredi !", et deux jours plus tard, vous avez 30 personnes à la maison.

C'est ça d'avoir du charisme... et un bon carnet d'adresse.

Les mecs de la sécurité de Meiji ont dû venir nous virer du jardin, il paraît qu'on nous entendait depuis l'université (apparemment, ce sont surtout d'autres résidents qui auraient protesté). Du coup, on a déménagé au parc le plus proche (dit "Parc de la baleine" pour sa magnifique baleine bleue pour enfants), et on est allé faire chier d'autres voisins jusque vers une heure du matin.

Voilà, c'était simple et sympa, la Loris Natsu Party...

Tan et Sarah - Marco et Lucio
Tan et Lucio

Nena - Sarah - Tan

mercredi 26 juin 2013

Gastronostalgie (encore)

Gratin de Morteau

(Vous devriez essayer, c'est excellent)




Billet informatif

Pour ceux qui se demandent et qui ne savent pas encore (on me fait des questions en ce moment), je me poserai comme une fleur (on espère) le mardi 13 août à Charles de Gaulle (s'il n'y a pas de tempête à Shanghai la veille, on pourra même sans doute arriver à l'heure, ce qui m'évitera cette année de voir par le hublot mon TGV partir au moment de l’atterrissage).

Nous tenons à faire savoir que nous ne donnerons pas de conférence de presse dans les jours qui suivront notre retour. Nous ne feront aucun déclaration au public, et les médias seront priés de ne pas tenter de s'interposer entre moi et mon steak tartare, sous peine de se voir dévorer vifs avec de la worcestershire et des cornichons.
Un peu de respect pour les traumatisés d'expatriation, non mais !

samedi 22 juin 2013

すごきぶり (Caformidable)

Ce soir, après plus d'une heure de train pour se taper le trajet jusqu'à Chiba, devinez qui nous attend sagement à la maison ?


Un cafard, mais quelle belle bête !


Goki-chan ! Il était fourré du côté des panières à légume. Et il devait être bien nourrit, parce qu'il faisait largement la taille de mon pouce, l'asticot. Donc pendant que Tan hurlait à la mort, n'écoutant que mon courage, je me suis emparé sur quelques indications hystériques d'un spray à sales bêtes, et je lui ai de sang-froid copieusement aspergé les antennes, jusqu'à ce que mort s'ensuive. C'est que non seulement c'est costaud, les cafards japonais, mais en plus ils sont plutôt doués à la course. En vrai, ça file à toute allure !

Fffrrrrt !...

Japonisation

On le savait, mais là on en a la preuve flagrante : ils nous transforment ! Ils nous transforment en Japonais ! Après les cours de lavage de cerveau, voilà que ma peau est en train de jaunir, en partant de l'épaule :


Japonisation

C'était pour ça, le mikoshi ! (si vous ne comprenez pas de quoi je parle, mettez-vous à jour).

Bientôt, vous allez voir, je vais finir avec les yeux bridés !

mercredi 12 juin 2013

Kawaii !


Lucio a acheté un nouveau grille-pain...

...




On fait des petits déjeuners qui chantent...

... en les ensanglantant de confiture de fraise !

mardi 11 juin 2013

Prendre la Morteau aux dents...

Grâce à un colis de Noël tardif envoyé à point nommé, on s'est fait une de ces saucisses !

Oui, oui, je vous vois venir avec vos demi-sourires en coin ! Rassurez-vous, ce soir-là, on me les a toutes faites. Faut dire qu'y avait d'la bête de compétition !  On s'en est mangé une entière à deux avec un bon kilo de patates (mais non, je ne mange pas trop. Oh, et puis merde hein, c'était Noël quoi !). Manquait plus qu'un bon Savagnin.

Et il m'en reste encore une ! Ça va saucissonner sec !




Mille mercis à la tantine qui est derrière tout ça,
ainsi qu'à sa troupe de Jurâssiens !

samedi 8 juin 2013

Le Périple V.

Il faudra revoir pour le détail au jour le jour, mais voici venu le moment de récapituler le périple que nous avons fait avec l'ami Vincent à travers toute la partie occidentale du Japon, le tout en une dizaine de jours à un rythme effréné :

- Partis le Mercredi 29 mai en train depuis la gare de Meidaimae (Tokyo, [A]), nous avons pris la Keio-sen pour nous rendre à Shinjuku, où, après quelques cafouillages de correspondance et l'intervention d'un supérieur placide pour calmer les ardeurs d'un employé zélé, nous avons finalement pu accéder à notre train sur la Odakyu-sen pour nous rendre à la gare d'Odawara. Là, nous avions opté pour la compagnie de bus Izu Hakone [伊豆箱根], de préférence à la compagnie Tozan Hakone [登山箱根], pour des raisons d'offres promotionnelles. Sur les conseils bienvenus de la dame du comptoir (et la sagesse de sa calculatrice), nous nous décidons pour un pass de deux jours, et nous nous rendons à Hakone même [B], où nous séjournons (activement).

- Le Jeudi 28 mai, après une nuit de rêve à se faire masser automatiquement les pieds au majestueux B&B Pension Hakone désert (avec des petits relents de The Shining dans l'air), retour à Odawara par le bus, pour sauter derechef dans un shinkansen qui nous emmène droit à Kyoto [C], avec une légère escale à Mishima (aucun lien). Nous y passons deux jours dans la joie, la liesse, et même un peu de soleil.

- Vendredi 29 mai, la tête bourrée de temples retirés et de sanctuaires perdus, nous avons oublié la grosse arachnide nichée sur le balcon de la Gest House Arklead Gojohorikawa où nous avons passé une nuit confortable (une pensée pour Simon), et nous prenons la ligne locale, qui nous emmène manger des okonomiyaki "à l'ancienne" chez Mizuno, dans les galeries de Dotombori à Osaka [D] (arrêtez de le prononcer Ozaka, ça m’énerve déjà !).

- Après une nuit sans histoire (mais une douche difficile) dans le Grand Cybercafé Bagus du coin et quelques visites de routine (aquarium, château), on embarque le Samedi 30 mai au soir dans un Highway Night Bus de la compagnie Willer où nous passons la nuit à flotter vers Fukuoka [E].

- Entre-temps, le jour s'est timidement levé, et nous voilà le Dimanche 31 mai (tôt. Très tôt) à changer de quatre-roues pour un autre, sans plus attendre en direction de Kumamoto [F] (on aura quand même pris soin de faire une halte bien méritée au Starbucks qui traînait là). Le château est toujours aussi merveilleux, on y lit même des contes maintenant, et la maison de Natsume Sôseki est un enchantement pour qui veut y bavarder de tout et de rien pendant des heures avec des inconnus folkloriques. A quelques stations de tram de là, la chambre d'hôte Nakashimaya nous donne l'impression qu'on est enfin rentré chez soi, enfouie dans un petit quartier périphérique aux izakaya chaleureuses, voire très chaleureuses, voire "putain qu'est-ce qu'il fait chaud j'en ai la tête qui tourne qu'est-ce qu'on commande pour la tournée suivante ?". Les basashi étaient surgelés, mais passaient tout seuls, et le grand biker du comptoir nous a offert les glaces, sentant probablement qu'on commençait à avoir besoin de rafraîchissements.

- Le Lundi 1er juin, frais comme des gardons, c'est le retour triomphal (et matinal) à Fukuoka (on vous a dit [E], comme Fukuoka ; suivez, on va pas vous faire un dessin !) afin de survoler la sécurité pour nous installer à bord d'un Skymarks Airlines qui nous dépose comme des fleurs à l'arrêt au port de Naha [G], où nous attendent deux créatures de rêve en maillot de bain. La suite n'est que trempette & dauphins, bière & caribous, avec un château sur le dessus pour faire bien.

- Passe un tour au GRG Higashimachi.

- Le Mercredi 3 juin, hélas, voit l'achèvement de notre glorieux périple sur un bon coup de sang et une course à l'or noir, qui nous permet contre toute panique d'arriver large à l'aéroport pour regagner les airs, et enfin notre bonne ville de Tokyo [A]. La boucle est bouclée, vous pouvez détacher vos ceintures et consulter la carte au trésor prévue en annexe à cet effet. En cadeau, vous aurez droit à une panne accidentelle sur la Yamanote qui vous permettra de poireauter une petite heure à Ikebukuro en mangeant du katsudon pour faire passer le temps et la faim grandissante. Au plaisir de vous revoir bientôt sur nos lignes :


20 000 lieues sur les fers