samedi 13 juillet 2013

Rapporteur

Chers tous,

Vous avez remarqué, cela fait bien un mois ou deux que je ne réponds plus à vos mails. Individuellement, vous avez donc tous dû plus ou moins penser que je vous porte quelque aversion profonde pour une raison inconnue.
Que nenni !

La vérité, c'est que je suis en pleine fin de semestre, et qu'outre les examens réguliers et les parodies de Japanese tradition à tourner dans les Love Hotels du quartier d'Uguisudani, les rapports pleuvent sur nos pauvres têtes comme les calamités divines sur l'Egypte ancienne.
Vous me direz, après tout, c'est la saison des pluies.

Ne vous affolez pas, donc. Tout vient à point à qui sait attendre, et Dieu vous le rendra au centuple. Je croule actuellement sous les papiers et les articles à rendre en anglais, en japonais, pimentés de petits bouts de mémoire griffonnés en français par-ci par-là sur un coin de carnet lors d'un trajet en train entre les trois campus qui marquent le triangle des Bermudes de notre quotidien, tâchant de ne pas me laisser engloutir par l'orage (ô désespoir, ô vieillesse ennemie !).

Quelques informations d'urgence, qui m'ont été parfois demandées, et que je vous lâche comme ça, comme on lâche du lest dans la tempête, ou des bordées à Trafalgar :
Je rentre le 12 août (vous devriez le savoir), c'est à dire le 13 à Paris (vers 6h30), et je saute immédiatement dans un train qui devrait m'amener à Lyon en fin de matinée, où je compte retrouver ma famille. A partir de là et dans les jours qui suivent, a priori, pas la peine de me chercher autre part qu'en Bourgogne, où je vais essayer de souffler un peu avant la dernière ligne droite (en mangeant des burgers avec le Frangin devant des films d'action pleins de testostérone, j'espère).
La suite se fera à flux tendu. Du 18 au 23, je serai entre Paris et Lyon pour faire visiter notre beau pays à une famille d'amis qui arrive de Tokyo sur mes talons. Après les avoir jeté dans l'avion le 23, je file à Meaucé pour jouer à Four Weddings and a Funeral. Le 24, retour en Bourgogne pour un anniversaire de famille, et il me restera quelque chose comme une ou deux semaines de "libres" pour finir (c'est-à-dire rédiger) mon mémoire avant de le rendre pantelant à mon magnanime directeur.
Comme vous pouvez le constater, on n'en a pas fini (si vous voulez un aperçu de mon boulot actuel, vous pouvez consulter le site sur lequel je le publie).

La suite est infiniment floue. Passé la mi-septembre, et pour la première fois de ma vie, je n'ai pas là moindre idée de ce que je ferai, ni même où. L'aventure, quoi ! Je vais évidemment tenter de retourner à Tokyo assez rapidement, mais je n'ai pour l'instant aucune option ferme. Etant donné que l'entretien que j'ai passé au début du mois à la Délégation de l'Union Européenne au Japon m'a confirmé que le stage qu'ils proposent est absolument sans aucun salaire ni aide financière, c'est encore une option qui s'évapore. Quand on connaît le coût de la vie (et simplement du voyage) à Tokyo, cela revient à dire : "Vous avez de la chance, vous allez avoir l'opportunité de vous former une expérience professionnelle en travaillant pendant six mois sur un projet annuel pour nous, et vous allez payer très cher pour ça !".
Ils sont très gentils par ailleurs, mais en admettant seulement qu'ils me recontactent, je vois difficilement comment je peux accepter une offre pareille (ils ont aboli quand l'esclavage déjà ?).

Voilà, ne vous inquiétez pas de mon silence, et allez donc (en paix), je ne vous hais point. Vous ne perdez rien pour attendre !