Comme vous l’avez sans doute remarqué, je n’ai pas été très assidu
dans mes nouvelles ces derniers temps (il y a même eu des réclamations, hein Paul ?). Donc je m'exécute :
La raison, c’est que depuis que les partiels sont terminés,
j’ai été plus occupé que jamais, pris dans un torrent d’activités imprévues, spontanées,
me laissant entraîner avec joie à la moindre occasion. Voilà un décompte des
activités récentes, qui se sont enchaînées sans répit et sans prévision :
Vendredi 1er février, sans grande surprise, j’ai
passé la journée sur des jeux vidéo, pour me venger de toutes ces heures
sérieuses. Le soir, j’avais les yeux fondus au fond des orbites, mais dieu que
ça fait du bien !
Samedi 2 février, changement d’orientation, je passe en mode
actualité boulimique et rattrapage des dernières nouvelles sur le Monde et
Courrier International. Certains s’en souviennent, je les ai pourris de mails
du genre « mais vous vous rendez compte, c’est fou ! », comme
chaque fois qu’il me prend soudainement de sortir de ma coquille pour me ré-intéresser
à ce qui se passe dans le vaste univers.
Le soir, je suis allé à l’entraînement au Matsuba, comme chaque semaine, et c’est
là que ça à commencé, parce que Lucio
m’avait proposé de l’accompagner le lendemain, lui et quelques autres membres
de la résidence, pour la setsubun
(veille de printemps selon le calendrier lunaire) à Hamamatsuchō. Moi j’étais un peu
crevé, je savais pas trop, et je suis rentré tard de l’entraînement, alors je n'ai pas mis de réveil, en me disant « on verra bien ».
Mais le lendemain matin vers huit heures, dans un demi-rêve,
j’entends la voix de Jisu dans la
cuisine. Je me réveille, j’enfile un futal, et je me pointe pour dire quand
même bonjour à la compagnie sur le départ. Forcément, tout le monde me demande « et
alors, tu viens ? ». Ben… oui ! J'avais trente secondes pour me préparer, le temps de passer un pull et un manteau sur mon pyjama, et nous
voilà partis ! En route, je me suis fait charrier par tout le monde :
« Si mes amis Japonais te voyaient comme ça, toi qui est toujours classe,
ils te reconnaîtraient pas ! ». Oui, ben ça va, hein… J’avais juste
un survêtement, les yeux enfoncés dans les trous et des cheveux dans tous les
sens. Ça arrive.
Je n’ai vraiment pas regretté d’y être allé. On a passé la
matinée à tendre les bras pour essayer de chopper un maximum de friandises, que
des personnalités japonaises nous lançaient à pleine volée depuis une estrade dressée
devant le temple du Zōjō-ji.
Bon, moi je suis pas très adroit, mais il y a des spécialistes (Dan, qui avait apporté un grand sac… et
qui est Japonais) ou des grands (Marco…).
Dan s’est bien marré quand je lui ai
demandé si les annonceurs étaient en train de donner les noms des personnalités
qui seraient présentent, et qu’il m’a répondu « non, ça ce sont les
enfants perdus… ».
| Album en lien, comme toujours... |
Au détour d’une photo, j'ai repensé à Monsieur Cordier (notre ancien
professeur de mathématiques, pour ceux qui ne le connaissent pas), qui avait un jour déclaré avec sa théâtralité coutumière, en plein conseil de classe : « Dans la vie, on ne fait pas toujours tout ce qu'on veut. Moi, j'ai toujours rêvé d'être champion de saut à la perche. Et bien je ne peux pas ». Et bien je me suis soudainement fait la triste réflexion que s'il avait eu la chance de naître Japonais, sa vie en aurait sans doute été bouleversée, et qu'il aurait probablement eu une opportunité de carrière toute différente, qui aurait pu lui valoir de devenir finalement une
personnalité sportive d'importance, lançant des friandises à une foule en délire, et mis en valeur par un
magnifique costume traditionnel. La vie est mal foutue, franchement.
On a aussi vu toute une ribambelle de gamins balancer des haricots
sur les méchants ogres, en criant 「鬼は外、福は内!」,
« Les monstres dehors, la joie dedans ! », spectacle traditionnel plutôt
réjouissant.
![]() |
| Les méchants démons en lien dans l'image |
Ensuite, on a un peu traîné dans le quartier, en faisant
notamment un détour au Pokémon-center pour les fans du groupe (pas de noms), et
puis on a fini dans le métro, à manger des udon
dans un petit resto pas cher. On s’est notamment amusé à se couper la tête
virtuellement sur des photos, parce qu’on trouvait assez étrange ce principe de
la barre de bois qui t’empêche de voir tes camarades pendant que tu manges (l’explication,
c’est que normalement ce ne sont pas des camarades, mais d’autres Tokyoïtes de
mauvais poil, donc forcément, normalement on n’a pas envie de voir leurs
tronches).
Après les udon, on
est tranquillement rentrés au chaud, boire du lait au tapioca confectionné par Mika, qu’on appelle Mikan, parce que ça veut dire clémentine en japonais…
Mais la journée ne s’arrêtait pas là, car la cheerleader du
séminaire Nagao part l’année prochaine (c’est en avril, l’année prochaine,
hein) en échange universitaire aux Philippines (quelle idée ?). Donc il y
avait une petite nomikai en son
honneur, où on a encore beaucoup bu (ume-shu
pour moi) et bien mangé (nabe, eda-mame, frites, daikon, udon…).
Le lendemain (lundi 4
février), calligraphie, j’ai commencé mon travail sur la tensho. Puis courses, repas, sieste, et
c’était parti pour l’entraînement du soir au Shudōkan. Mais c’est justement après qu’on a fini en beauté,
avec une petite soirée de fête de vacances, en intime à l’unité. Quand je suis
rentré, vers 22 heures, avec tout
mon barda, j’ai d’abord croisée une Coréenne, amie de Jisu, qui s’en retourne bientôt en Corée, et qui m’a pris la main
en pleurant parce qu’on avait pas eu le temps de beaucoup se connaître. J’étais
donc un peu ému, et quand je suis rentré à l’appartement, il y avait Sarah avec une de ses amis chinoise
nommée Tan, en train de papoter avec
Jean, Max, sa copine Nagisa et
compagnie. Alors je me suis fait mes spaghettis et je me suis joins à tout ce
beau monde.
Les autres son progressivement partis se coucher, mais on a tenu
bon avec Tan, en poursuivant un
entretien arrosé qui nous a amené jusque vers les quatre heures du matin (elle partait au Cambodge vers 13 heures),
et quand j’ai vu la bouteille de whisky vide en rentrant ce matin après le
cours, et qu’on m’a dit que personne d’autre qu’elle et moi y avait touché
pendant la soirée, j’ai rétrospectivement compris pourquoi j’avais eu à ce
point du mal à tracer des traits droits en calligraphie toute la matinée.
Bref, vous comprenez un peu que je n’ai pas été très actif
sur Internet ces derniers temps, j’étais simplement occupé ailleurs…
Et vive la spontanéité !
