jeudi 20 septembre 2012

Reprise de full-contact


Ce week-end, retour fracassant dans mon vieux fief de Taitô-ku : après être allé manger des unagi (anguilles) grillées du côté d'Asakusa avec mon amie Yukiko et avoir rendu mes hommages au kaminarimon du sensô-ji (dont, sachez-le, je possède une magnifique réplique miniature en nano-blocks), entraînement émouvant dans ma « famille » du Matsuba-kendô-club samedi soir. Ji-geiko avec Sakai-sensei (6ème dan), Kataoka-sensei (7ème dan), pour me faire finalement achever par "papa" Shintani-sensei (5ème dan), qui à force de men-ari m'a bien fait comprendre qu'il était effectivement content de me revoir. Nous sommes ensuite rentré chez lui, où j'ai passé le week-end à me faire dorlotter par toute la famille, profitant notamment des talents culinaires de sa femme Yasuko.

Dimanche matin, il y avait un entraînement « spécial juniors » au Riverside Sport Center, qui rassemblait tous les jeunes de Taitô, mais aussi et surtout la grande majorité de mes anciens sensei, ce qui m’a permis de féliciter Onodera-sensei pour son 7ème dan tout neuf, probablement le plus haut grade pour une femme japonaise d’après Yukiko. J’ai également présenté mes respects à Fukumoto-sensei, 8ème dan, maître de la précédente, et qui vient de prendre la suite de Satô-sensei (7ème dan) à la tête du Hombu-dôjô (« quartier général ») et de la Kendô-renmei (association) de Taitô-ku.
Dimanche soir, entraînement au Tawara-dôjô, et donc nécessairement retrouvailles musclées avec Tanaka-sensei (7ème dan). Comme d’habitude, la magie se fait toute seule : j’arrive devant lui déjà plutôt mort après les séries de kiri-kaeshi, la gorge enrouée par mon rhume, mais après deux passes d’arme avec lui, je suis tellement dedans que j’ai oublié que j’étais malade et complètement crevé (faites l’addition décalage horaire + rhume + chaleur écrasante 30°C ou plus + 3 mois sans entraînement). Bref, un très bon moment, sans compter que j'ai eu le plaisir de retrouver mon coéquipier Saigawa Shûzô, 15 ou 16 ans, 2ème dan, qui m'avait mis l'année passée un men pleine face devant tous les sensei du district lors d'un stage d'arbitrage (« Ooooooooh », qu'ils ont fait à l'époque).
S’est ensuivie une nuitée de plus à l’auberge Shintani, où l’on me donne une recette maison du oyakodonburi de la veille (c’est une solution culinaire au problème de l’œuf et de la poule, servie sur un bol de riz). Comme c’était juste la date limite avant impression, on m’a aussi invité à faire moi aussi ma petite composition sur « le kendô et moi » pour la gazette du club, distribuée à l’occasion du 40ème anniversaire du Matsuba à la fin du mois, tout ça rédigé en japonais de ma petite main. Toute une aventure.

Le lendemain, lundi férié (c’est le jour du respect aux anciens), nous partons en voiture pour Ibaraki-ken, faire tamponner mon carnet de pèlerinage tout neuf au Kashima-jingû et au Katori-jingû. Autant que je sache, Kashima (鹿島) est une divinité des guerriers, et le temple est lié à une école de kobudô. 
Au retour, Shintani-sensei m’a donné un de ses keiko-gi en me disant « de toute façon j’en ai plein ». J’ai également hérité d’une collection exclusive de serviettes collector du sentô (bains publics) de la famille Shintani sénior, car malheureusement, ils ont fermé et le bâtiment va être rasé pour faire du neuf. Je suis finalement rentré chez moi épuisé, avec au fond du sac des beignets de crevettes frites de la grand-mère Shintani.