Ce
week-end, retour fracassant dans mon vieux fief de Taitô-ku :
après être allé manger des unagi (anguilles)
grillées du côté d'Asakusa avec
mon amie Yukiko et avoir rendu mes hommages au kaminarimon du sensô-ji (dont,
sachez-le, je possède une magnifique réplique miniature en
nano-blocks), entraînement émouvant dans ma « famille » du Matsuba-kendô-club samedi soir. Ji-geiko avec Sakai-sensei (6ème dan), Kataoka-sensei (7ème dan), pour me faire finalement achever
par "papa" Shintani-sensei (5ème dan), qui à force de men-ari m'a bien fait comprendre qu'il était
effectivement content de me revoir. Nous sommes ensuite rentré chez lui, où
j'ai passé le week-end à me faire dorlotter par toute la famille, profitant
notamment des talents culinaires de sa femme Yasuko.
Dimanche
matin, il y avait un entraînement « spécial juniors » au Riverside
Sport Center, qui rassemblait tous les jeunes de Taitô,
mais aussi et surtout la grande majorité de mes anciens sensei, ce qui m’a
permis de féliciter Onodera-sensei pour son 7ème dan tout neuf, probablement le plus
haut grade pour une femme japonaise d’après Yukiko. J’ai
également présenté mes respects à Fukumoto-sensei,
8ème dan, maître de la
précédente, et qui vient de prendre la suite de Satô-sensei (7ème dan) à la tête
du Hombu-dôjô (« quartier général ») et de
la Kendô-renmei (association) de Taitô-ku.
Dimanche
soir, entraînement au Tawara-dôjô, et
donc nécessairement retrouvailles musclées avec Tanaka-sensei (7ème dan).
Comme d’habitude, la magie se fait toute seule : j’arrive devant lui déjà
plutôt mort après les séries de kiri-kaeshi, la
gorge enrouée par mon rhume, mais après deux passes d’arme avec lui, je suis
tellement dedans que j’ai oublié que j’étais malade et complètement crevé
(faites l’addition décalage horaire + rhume + chaleur écrasante 30°C ou plus +
3 mois sans entraînement). Bref, un très bon moment, sans compter que j'ai eu
le plaisir de retrouver mon coéquipier Saigawa Shûzô,
15 ou 16 ans, 2ème dan,
qui m'avait mis l'année passée un men pleine
face devant tous les sensei du district lors d'un stage d'arbitrage
(« Ooooooooh », qu'ils ont fait à l'époque).
S’est
ensuivie une nuitée de plus à l’auberge Shintani, où
l’on me donne une recette maison du oyakodonburi de la veille (c’est une solution
culinaire au problème de l’œuf et de la poule, servie sur un bol de riz). Comme
c’était juste la date limite avant impression, on m’a aussi invité à faire moi
aussi ma petite composition sur « le kendô et moi » pour la gazette
du club, distribuée à l’occasion du 40ème anniversaire du Matsuba à la fin du
mois, tout ça rédigé en japonais de ma petite main. Toute une aventure.
Le
lendemain, lundi férié (c’est le jour du respect aux anciens), nous partons en
voiture pour Ibaraki-ken, faire
tamponner mon carnet de pèlerinage tout neuf au Kashima-jingû et au Katori-jingû.
Autant que je sache, Kashima (鹿島) est une divinité des guerriers, et le temple est
lié à une école de kobudô.
Au
retour, Shintani-sensei m’a donné un de ses keiko-gi en me disant « de toute façon
j’en ai plein ». J’ai également hérité d’une collection exclusive de
serviettes collector du sentô (bains publics) de la famille Shintani sénior, car malheureusement, ils ont
fermé et le bâtiment va être rasé pour faire du neuf. Je suis finalement rentré
chez moi épuisé, avec au fond du sac des beignets de crevettes frites de la
grand-mère Shintani.